Joie d’être chrétiens

Joie d’être chrétiens – 06 mai 2018

L’Ascension nous rappelle que notre destinée est au Ciel, auprès de Dieu. « Recherchez les choses d’en haut, là où se trouve le Christ » dit Saint Paul. « Votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3,1.3). La liturgie nous fait faire cette expérience spirituelle, tellement vitale : élever notre cœur, nos pensées, notre désir vers Dieu ! « Elevons notre cœur ! » dit le prêtre au début de la prière eucharistique. La formule latine est bien frappée : Sursum corda ! « Hauts les cœurs! ». L’architecture de l’église elle-même nous pousse à élever notre regard. Avez-vous remarqué que la première chose que l’on fait en entrant dans une cathédrale, c’est de lever les yeux vers les vitraux et la voûte ? C’est d’ailleurs vrai à Sainte Anne (avez-vous pris le temps de contempler les vitraux de la chapelle du Sacré Cœur et ceux des deux transepts ?) ; notre église nous conduit à élever notre regard. Et donc aussi notre cœur.

Mais notre église sainte Anne nous apprend que pour s’élancer vers le ciel, il faut d’abord s’abaisser. Pour résoudre les problèmes de fissure, il faut aller regarder dans les profondeurs. C’est ce qui a été fait pendant ces trois semaines de travaux. L’image est parlante : il a fallu faire des sondages jusqu’à 30 m. dans le sous-sol, pour voir comment réparer l’édifice. De même, nous ne construirons rien de solide dans notre vie spirituelle s’il n’y a pas de fondement dans la profondeur de notre âme. Prenons les moyens qu’il faut pour notre vie spirituelle. Nous ne perdrons jamais de temps quand nous prierons seuls en silence, quand nous lirons les Évangiles, quand nous chercherons à nous former dans le domaine de la Bible, de la Théologie, des Pères de l’Église, de la Bioéthique*. Aller très en profondeur, pour nous rapprocher de Dieu…

Au moment de l’Ascension de Jésus, tandis que les apôtres avaient les yeux fixés au ciel, deux anges leur sont apparus en leur disant : « pourquoi restez-vous ainsi à regarder vers le ciel ? » (Ac 1,11). C’était juste avant la Pentecôte, avant qu’ils reçoivent le don de l’Esprit Saint.

Si notre vie de chrétiens nous place devant notre destinée éternelle (ce que l’on appelle « le Ciel »), si elle nous pousse à donner du temps à la vie intérieure, elle ne doit pas être un repli sur nous-mêmes. Tous les hommes sont appelés à ressusciter et à partager la vie de Dieu. Tous les hommes sont appelés à s’avancer sur le chemin de la vie intérieure. Le Seigneur nous envoie vers eux. Le jour de la Pentecôte, au moment où ils reçoivent l’Esprit Saint, les disciples le comprennent aussitôt et ils se mettent à témoigner. La charité et le service, le témoignage et l’annonce de l’Évangile ne sont pas des options pour un chrétien.

Que ces deux fêtes de l’Ascension et de la Pentecôte, par lesquelles s’achève le temps pascal, ravivent en nous le désir du Ciel, le goût de la vie intérieure et le zèle missionnaire. En un mot, la joie d’être chrétiens.

Père Henri de l’Eprevier

*Il reste des livrets sur les Etats généraux de bioéthique: servez-vous !