Je ne prie pas pour que tu les retires

« Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais ». (Jn 17, 15) – 13 mai 2018

On entend souvent dire : « Notre monde est dur ; notre monde est fou ».

Et il est bien vrai que les problèmes liés au pouvoir de la science sur la vie, à la survie de l’homme dans son environnement naturel, aux mutations de la société ont pris depuis les dernières décennies une dimension planétaire, et que les hommes, même lorsqu’ils acceptent de travailler ensemble, parviennent de plus en plus difficilement à maîtriser l’accélération de tous ces phénomènes.

C’est pourtant dans ce monde-là que le Christ nous veut, comme témoins de son message, ce monde où l’homme fait des merveilles et prend la mesure de sa pauvreté :

« Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. [..] Sanctifie-les ». (Jn17, 15. 17)

En méditant cette magnifique prière, dite prière sacerdotale, nous constatons que Jésus a cherché à créer un courant d’unité entre Dieu et le monde, pour le mieux-être des hommes, comme si l’un et l’autre évoluaient indépendamment de l’un par rapport à l’autre et qu’il fallait les faire entrer dans une vision commune de l’avenir.

L’action de Jésus a consisté à chercher à mêler leurs parcours au moyen de l’action des hommes qui se rallient  à lui.

La première remarque à faire, c’est que Dieu et le monde ne fonctionnent pas comme deux forces antagonistes. Nous ne sommes pas dans un système dualiste. Il s’agit plutôt d’une  action de Dieu qui tenterait d’agir sur le monde sans le violenter. L’homme aurait  une action déterminante à jouer  dans cette relation qu’il nous reste à découvrir.

Au cœur de ce monde que Dieu aime mais qui est travaillé par les forces du refus, de la révolte et de l’athéisme, le Père va donc nous garder et nous sanctifier, en réponse à la prière de Jésus.

Il nous garde, non pas en nous rendant étrangers à notre monde, non pas en nous isolant comme dans une bulle où nous respirerions seulement l’air de la foi et de l’espérance, mais en nous fortifiant intérieurement, par son Esprit, contre les mensonges de l’esprit du mal, contre les contagions de l’intelligence et du cœur, contre nos propres tristesses et nos découragements.

Guy Randrianantenaina