Le Seigneur console et guérit

Le Seigneur console et guérit – 16 décembre 2018

            « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu, parlez au cœur de Jérusalem et criez lui que son service est accompli, que sa faute est expiée, (…) ».

            Cette parole est tirée du chapitre 40 du livre d’Isaïe qui est abondamment citée durant cet Avent. Elle est prononcée durant une période douloureuse pour le peuple d’Israël, lorsqu’il fut chassé de sa terre et condamné à l’exil ; elle agit comme une réconciliation entre le peuple et son Seigneur en dévoilant le vrai visage de Dieu. Il en est de même pour nous en ce temps d’Avent. Nous ne nous préparons pas à fêter comme chaque année la naissance de Dieu, mais nous sommes appelés, travaillés par une année de plus passée à ses côtés, à distinguer plus précisément les traits du visage de notre Dieu. Cet Avent 2018 est unique et ne ressemble à aucun de ceux que nous avons vécus ou vivrons.

            À l’écoute de ce passage, nous redécouvrons que cette voix qui porte la bonne nouvelle divine, n’apporte pas un jugement ou une désolation mais la consolation même dans les situations les plus difficiles que nous pourrions traverser à l’instar du peuple hébreu. Dieu se révèle vulnérable et proche du peuple des hommes qu’il rejoint dans leurs fragilités.

            Cette consolation divine fait exploser toutes les images humaines que nous en avons. Elle n’est pas une consolation affective, comme un mot ou un geste humain qui apaise mais n’ont pas le pouvoir de guérir. La consolation divine est une consolation transformante et vivifiante : elle vient saisir notre toutes les dimensions de notre être et rendre la vie à ce qui était en train de mourir.  Elle rend de nouveau praticable le chemin devenu impraticable entre Dieu et les hommes. Cette consolation n’est pas un calmant pour l’homme mais c’est une promesse déjà réalisée dans l’incarnation de Jésus. En naissant et en ressuscitant, le Fils de Dieu ne se contente pas de paroles consolatrices mais il réalise ce qu’il dit : il est action de Dieu dans le monde. Il le vit et l’expose au monde sur la croix, lieu de consolation par excellence de l’humanité. Là le Christ vainc la mort et incarne les paroles bibliques que prononce Isaïe.

            Accueillons cette consolation qui porte le nom de Jésus-Christ, et qui inlassablement s’offre à l’homme pour venir le visiter à l’intime de son être, afin de réellement le consoler et le guérir. Amen.

Abbé Henri Beaussant +