Empressement et allégresse

Empressement et allégresse – 23 décembre 2018

Ce 4ème dimanche de l’Avent aura à peine le temps de nous introduire dans la dernière semaine de préparation à Noël puisque dès lundi soir nous célébrerons la naissance du Sauveur, entrant de plein pied dans le mystère de l’Incarnation : Dieu s’est fait homme, le Verbe se fait chair, il est avec nous sur la terre. Nous n’ignorons pas la profondeur de ce mystère, mais d’années en années nous répétons les mêmes rites liturgiques ou sociaux : le sapin, la crèche, les vœux, les chocolats, les cadeaux, les bons repas, dindes ou foie gras, truffes et champagne … bref nous n’arrêtons pas ! Seulement comment nous préparons nous dans la dernière ligne droite ? Nous y sommes. Des courses certes, des soucis logistiques très probablement, des choses indispensables mais absolument pas essentielles certainement, mais intérieurement où en sommes-nous ?  Notre cœur, notre attente ? Sommes-nous pressés de festoyer ou d’accueillir le Sauveur ? Empressés de répondre à des conventions sociales, ou de méditer devant l’immensité de ce mystère d’amour ? De découvrir nos cadeaux au pied du sapin, ou de recevoir le don de Dieu dans une humble crèche ? Dieu nous rejoint ! Sans crainte célébrons-le et fêtons-le, mais que la démesure de nos fêtes et l’intrépidité de nos mondanités, n’écrasent pas l’infinité du mystère et l’empressement intérieur de rencontrer le Seigneur. Comme Jean Baptiste encore dans le sein de mère, savait détecter la présence du Sauveur lorsque sa Mère, venue avec empressement secourir sa cousine dite la femme stérile, vint en hâte.

Cet empressement de Marie, à vouloir aider, seconder Elisabeth, tandis qu’elle vient d’apprendre son état, dévoile le cœur de la Vierge, plus préoccupée de son entourage que de sa situation. A peine répond-elle à sa vocation de Mère du Verbe, qu’elle part en hâte assister celle qui depuis 6 mois se réjouit secrètement de son état.

Un empressement de Marie qui suscite une allégresse de Jean Baptiste encore caché mais bien réelle et efficace. D’où ce cri merveilleux révélant la foi d’Elisabeth : comment ai-je cet honneur ? Effectivement qui sommes-nous pour que Dieu vienne nous visiter et nous sauver ?

Une naissance, dont nous retrouvons les fruits et la beauté dans chaque Eucharistie, lorsque Dieu se rend présent. Avec empressement venons le rencontrer et soyons dans l’allégresse de le recevoir, et de le partager avec notre entourage. N’oublions pas en ces jours de fêtes, ceux qui les passeront douloureusement, les malades, les personnes isolées, les familles blessées. Le Seigneur vient !

Abbé Guillaume Seguin