Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même

Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même– 24 mars 2019

Est-ce une menace que Jésus nous fait là ? – Non, un avertissement. Une menace fait peur en nous mettant face à une condamnation irrévocable. Dans son avertissement, Jésus nous donne une chance d’être sauvé. Il nous ouvre à la vie et non à la mort.

La Parole de Dieu de ce troisième dimanche du Carême nous montre à quel point notre Dieu nous aime. Dans le Livre de l’Exode, Il parle à Moïse dans le buisson ardent. Il se présente sous l’aspect d’un feu : « Je suis qui je suis », le feu de l’Amour en personne qui brûle et cependant ne détruit pas. Ce feu est une Personne, un Père qui nous aime, un Père attentionné, attentif à notre détresse. Dans l’Evangile de saint Luc, Jésus est la « patience de Dieu ». Tout comme le vigneron qui va œuvrer pour que le figuier produise du fruit comme la vigne, « la patience de Dieu » travaille pour que chacun de nous ne se perde mais ait la chance de produire du bon fruit et soit sauvé. Il faut savoir aussi que ce n’est pas une seule ou une autre chance que Dieu nous donne. Il nous offre des chances pour nous sauver. Chaque matin qui se lève est une occasion de salut. Même après la mort, le Purgatoire est une dernière chance pour l’homme de se rattraper.

De ce fait, quand Jésus dit : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même » cela veut dire que ce n’est pas le péché, en soi, qui nous ferait périr. En effet, tout le monde est pécheur par nature. C’est plutôt le refus de saisir cette chance : le refus de nous convertir. Jésus nous appelle à la conversion, la voie qui ouvre à la Vie.

En ce temps favorable du Carême, Dieu nous lance sans relâche un appel : « Si le méchant se détourne de tous les péchés qu’il a commis, c’est certain, il vivra, il ne mourra pas. Prendrais-je donc plaisir à la mort du méchant » (cf.- Ezéchiel 18, 21) Dieu nous tend la main. Il ne nous force pas la main. Il attend notre conversion. Il fait par contre le premier pas. A nous, à notre tour, d’y répondre favorablement en prenant sa main tendue.

Ainsi, par exemple, dans la Confession, on ne se confesse pas pour être aimé de Dieu. On se confesse parce que Dieu nous aime en premier. Se confesser n’est pas seulement énumérer les péchés pour alléger la conscience. C’est se laisser interpeller par son amour et entrer dans la vie qu’Il nous offre avec un cœur qui a la volonté de se convertir. C’est une célébration de l’amour de Dieu qui nous attend. Pourquoi alors ne pas commencer par ce Sacrement d’Amour comme nouveau départ et transformer ensuite notre vie en une conversion permanente sur un chemin d’Amour ?

A la « patience de Dieu », communions par notre patience dans la conversion continue.

Jean-Elysée Solofonirina