Sainteté de l’Eglise

Sainteté de l’Eglise – 31 mars 2019

« Convertissez-vous et croyez à l’Evangile ». Ces paroles prononcées pendant l’imposition des cendres nous accompagnent tout au long du Carême. Répondant à l’appel du Christ, nous ouvrons nos yeux sur notre vie, et nous ouvrons notre cœur à la miséricorde du Père. La parabole du fils prodigue est emblématique de cette démarche : « Je me lèverai et j’irai vers mon Père ».

On s’attache avec raison à la démarche du fils qui, se retrouvant seul dans un pays lointain après avoir vécu dans l’inconduite, se relève pour retourner vers la maison de son père. On prête moins attention à la scène qui conclue la parabole. Une fête est organisée pour le fils : « il était mort, et il est revenu à la vie ». Son retour est une résurrection ! Les Pères de l’Eglise voient dans cette fête une image de l’Eglise qui accueille l’humanité sauvée. Le père de la parabole donne à son fils une robe et met un anneau à son doigt. « La robe est le vêtement de la sagesse : les Apôtres en couvrent la nudité du corps » écrit Saint Ambroise. Le jour de notre baptême, nous avons été revêtus d’une aube, signe de notre nouvelle condition. Le Saint évêque de Milan poursuit : « L’anneau est-il autre chose que le sceau d’une foi sincère et l’empreinte de la vérité ? ». Mais il y a aussi la musique : « Dans la fête que l’on prépare, écrit Benoît XVI, les Pères voient l’image de la fête de la foi, la célébration de l’Eucharistie qui anticipe le repas éternel. (…). Le fils aîné, en rentrant chez lui, entend « une symphonie et des chœurs » : pour les Pères, c’est à nouveau une image de la symphonie de la foi, qui fait de l’existence chrétienne une joie et une fête ».

Ainsi, la joie est une caractéristique essentielle de l’Eglise. Elle vient de la « symphonie de la foi ». Elle découle de l’amour que le Père manifeste en accueillant son fils. Elle est liée à l’espérance que donne la réconciliation. Avant la parabole du fils prodigue, Jésus prononce deux courtes paraboles qu’il conclue ainsi : « il y a plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, que pour des justes qui n’ont pas besoin de conversion ».

La fête exprime la sainteté de l’Eglise. L’Eglise est sainte, comme nous le disons dans le Credo. Sa sainteté vient du Christ, dont elle est le corps, et de l’Esprit Saint qui la vivifie. Elle est communiquée à une humanité marquée par le mal, mais renouvelée par la Pâque du Seigneur. L’Eglise est sainte ; sa sainteté se manifeste dans le fait qu’elle accueille des hommes pécheurs, en ne les figeant pas dans leur faute, mais en les purifiant par le pardon. L’Eglise est composée non pas de ceux qui estiment n’avoir rien à se reprocher, mais de ceux qui, font courageusement la vérité dans leur propre vie – pas dans celle des autres ! –, et qui ont foi dans la puissance de la Croix, ceux dont l’Apocalypse dit : « ils ont lavé leur robe dans le sang de l’agneau ».

Levons-nous comme le fils prodigue, allons vers le Père, pour être revêtus de la robe de fête et participer à la joie du Royaume.

Henri de l’Eprevier