Solidaire les uns des autres

Solidaire les uns des autres – 14 avril 2019

Le Christ en entrant dans sa passion, résumé de toute sa vie,  prend le péché de toute l’humanité sur ses épaules, et il nous empêche de nous dérober face à cette réalité de nos vies. Il nous pousse à ne pas utiliser de subterfuges d’évitement face à cette question sensible, ce qui nous permettrait d’acheter notre tranquillité. Le mal existe et frappe nos vies sans logique et l’Evangile nous contraint à ne pas faire de lien direct entre notre méchanceté et le malheur. Il n’existe pas sur cette terre de lien direct et unilatéral de cause à effet entre nos actes et ce que nous avons à souffrir.

Jésus nous pousse à opérer un déplacement de notre regard afin d’intérioriser que s’il existe un lien entre le mal et la souffrance, c’est au sein d’un ensemble plus grand que notre petite personne. Le mal que je commets ne m’affecte pas seulement, mais il vient blesser toute l’humanité à laquelle je suis liée ; De la même manière, le mal que commet autrui me touche. Toute destinée est à la fois personnelle et solidaire des autres.

Nous sommes des personnes, des êtres en relation les uns avec les autres. Il est illusoire de penser que nous pouvons vivre sans être affecté, dérangé, touché par les autres. Vouloir ceci c’est mourir car l’amour auquel toutes nos relations nous appellent implique d’être touché par les autres.

Cette solidarité dans le mal que nous pointe l’Evangile n’est pas culpabilisation de l’homme. C’est un encouragement à faire le bien dans chaque recoin de notre vie. Le Christ nous redit : « revenez à Dieu de tout votre cœur », car si nous sommes tous solidaires dans le mal, nous le sommes  combien plus dans l’exercice du bien. Choisir l’amour par-dessus tout et dans chacun de nos actes c’est croire en la force transformante du bien. C’est croire que le Christ peut changer le monde malgré ce que nous en percevons. En entrant dans cette dynamique, nous croyons que le sourire offert à notre fils, le bras tendu à une personne âgée descendant les marches, sont des actes qui soulèvent le monde et font grandir le royaume de Dieu. Choisir le bien n’est jamais neutre et seulement lié à notre personne car, quand nous le préférons à tout, le Christ naît dans notre vie et dans celle des autres.

Demandons au Seigneur, en cette entrée à Jérusalem, de nous donner un regard qui espère dans la puissance de son amour capable de transformer le monde et de faire triompher le bien.

Abbé Henri Beaussant +