Notre trésor le plus beau

Notre trésor le plus beau – 12 mai 2019

Notre archevêque, Monseigneur Aupetit, a rappelé à la suite de l’incendie de la cathédrale Notre Dame que ce qu’il y avait de plus précieux dans ce sublime monument, c’est l’eucharistie que l’on y célèbre. La cathédrale est un écrin, et le bijou pour laquelle elle a été construite est encore plus beau que la relique de la couronne d’épines : c’est « un morceau de pain », disait-il, qui devient, par le ministère du prêtre, le Corps du Christ. L’architecture de la cathédrale se justifie par la liturgie que l’on y célèbre, et par le tabernacle qui conserve les saintes espèces.

A quelques milliers de kilomètres de Paris, un évêque d’un diocèse d’Amazonie disait à ses fidèles : « pour que vivent nos communautés chrétiennes, nous avons besoin de l’eucharistie. Et pour que l’eucharistie soit célébrée, nous avons besoin de prêtres. Priez pour que nous ayons des prêtres ! ».

En ce quatrième dimanche de Pâques, l’Eglise prie pour les vocations, et plus spécialement les vocations sacerdotales. On l’appelle le « dimanche du Bon Pasteur », parce qu’on lit ce jour-là le passage d’évangile où Jésus se présente comme le bon berger qui conduit ses brebis vers les bons pâturages.

C’est Jésus qui conduit son Eglise. « Sois le pasteur de mes brebis » dit-il à Pierre (Jn 21). Non pas les brebis de Pierre, mais celles de Jésus. Et ce n’est pas Pierre qui s’est institué lui-même (d’ailleurs, après les événements de la Passion, il n’avait pas envie de revendiquer quoi que ce soit), c’est Jésus qui lui a dit : « Sois le pasteur ». De même, les prêtres ne se choisissent pas eux-mêmes. « On ne s’attribue pas soi-même cette charge, on est appelé par Dieu » dit l’épître aux Hébreux (He 5). Cela est vrai aussi pour l’Eglise : elle reçoit les prêtres, elle ne se les donne pas. C’est le sens de la succession apostoliques (les évêques succèdent à ceux qui les ont précédés, et ultimement aux apôtres, qui ont été appelés par Jésus). Ce n’est pas la communauté qui choisit ses prêtres, elle les reçoit.

Les prêtres sont là comme serviteurs, pour annoncer l’évangile du Christ, pour communiquer le pardon du Christ, pour célébrer l’eucharistie du Christ. Ils nous rappellent que c’est le Christ qui construit son Eglise, qui la rassemble, qui la nourrit. S’il n’en était pas ainsi, s’ils étaient choisis comme on choisit des leaders ou des responsables dans n’importe quelle société humaine, il y a bien longtemps qu’ils auraient disparu car on aurait ressenti le besoin d’inventer autre chose. En réalité, ils ont répondu à un appel, qui s’enracine dans les paroles de Jésus au soir de la Cène : « vous ferez ceci en mémoire de moi ». Sacerdoce et eucharistie sont unis en leur origine, liés indissociablement l’un à l’autre.

En voyant la cathédrale, nous pensons à l’eucharistie pour laquelle elle a été construite.

Nous pensons à la communauté qu’elle a mission de rassembler, et aux personnes et aux foules qu’elle a mission d’accueillir.

Nous pensons aux évêques, aux prêtres et aux diacres qui y ont été ordonnés, en réponse à l’appel qu’ils ont reçu.

Nous pensons à la succession des évêques, ceux de Paris et d’ailleurs : depuis les apôtres, ils nous rappellent que Jésus Christ est notre unique pasteur, et qu’il nous conduit aux sources de la vraie vie.

Père Henri de l’Eprevie