Nous sommes aimés

Nous sommes aimés – 26 mai 2019

Le sommet de l’amour proposé par le Christ, aimante notre cœur et, au commencement de notre vie, nous croyons naïvement que nous pourrons aimer comme lui. Le début de la route débute lorsque nous acceptons de reconnaître que nous sommes incapables d’aimer comme Jésus d’un amour humain transfiguré par le divin. Cette reconnaissance ne veut pas dire que nos amours terrestres n’ont aucune valeur, mais qu’ils sont appelés à une hauteur plus grande si nous acceptons de laisser la main à Dieu.

En confessant notre incapacité à aimer, en disant : « je ne sais pas aimer, » nous demandons au Christ de nous apprendre à aimer comme lui. Nous le supplions de nous montrer la route de l’amour véritable. Cette demande pour être exaucé appelle  notre dépouillement pour qu’il nous remplisse de son amour.

Alors délicatement et petit à petit, il travaille nos cœurs raides pour leurs donner la souplesse de la chair. Nous aimerions en un instant aimer du même amour que le Christ, d’un amour divin et total, mais il nous respect trop pour brûler les étapes de notre croissance amoureuse. Il ne veut pas nous brusquer comme un être qui pousse un autre pour le forcer à avancer. Il se tient au côté de nous et nous aide à poser un pas après l’autre dans l’amour. Refuser de se laisser conduire pour essayer seul d’aimer comme lui, nous mène à l’épuisement car ce commandement est en soi intenable. Notre seule demande consiste à implorer le Christ pour qu’il aime en nous par son Esprit.  Ce qu’il nous commande lui appartient et notre part est de garder une attitude intérieure d’accueil vis à vis de son amour qu’il met en nous, ainsi que de ne pas refuser d’être dépouillé.

Sur ce chemin qui ne s’achèvera que le jour de notre mort, lorsque nous vivrons pleinement de cet amour du Christ,  nous sommes souvent tentés de renoncer car plus nous avançons, plus nous sentons le décalage qu’il existe entre notre capacité d’aimer et l’amour divin. Cependant la clé de la croissance se situe ici : dans la reconnaissance perpétuelle que nous avons besoin de lui pour aimer en nous ; de lui laissé de plus en  plus de place dans notre cœur. Le Christ nous demande de toujours nous remettre en situation d’ouverture afin de recevoir d’une manière son amour et être ainsi rendu capable d’aimer un peu plus.

Gardons toujours dans notre cœur que malgré l’exigence de cet appel à aimer du même amour que le Christ, celui-ci est réalisable si nous lui laissons toute la place, si nous lui demandons de nous apprendre à aimer.

Abbé Henri Beaussant +