Le cœur du monde

Le cœur du monde – 30 juin 2019

La communion eucharistique est une nourriture qui nous met en contact avec la personne du Christ. Derrière ce pain et ce vin, devenus le corps et le sang du Seigneur, se tient une personne avec un cœur battant qui souhaite entrer en relation avec moi.

Souvent nous sommes tentés de basculer dans un rapport légaliste à l’eucharistie. Ai-je droit de communier ? Si à la lumière de la vérité, dans un discernement ecclésial, je suis appelé à regarder si je peux communier, si j’ai le droit de communier. Le sacrement du corps et du sang du Seigneur n’est pas d’abord un contrat juridique mais l’édification d’une relation avec l’amour de notre vie : Jésus-Christ. Il est un corps qui se rend présent à chaque eucharistie, se tient devant moi, me permettant ainsi de le contempler ; Qui en se donnant à moi créé et permet à la relation que nous avons chacun personnellement avec lui de grandir. Ce don du Christ à chacun de nous dans l’eucharistie, est un don total et irréversible. C’est un don très concret avant d’être une chose conceptuelle. Le Christ ne se donne pas d’abord spirituellement à moi dans la communion mais il s’unit à moi comme des époux qui se donnent l’un à l’autre.

Notre difficulté est de nous ajuster à ce don du Christ. Lui se donne et d’une manière parfaite. Nous sommes appelés à toujours nous réajuster à Celui que nous recevons. Comment pourrai-je banaliser le don du Christ pour moi dans l’eucharistie ? Comment pourrai-je arrêter d’être toujours en vérité dans cette relation ? Si le Christ se livre à nous dans la communion, dans ce même mouvement de livraison de la croix, c’est pour m’entrainer à me donner toujours plus véritablement.

Le risque nous guette de banaliser cette relation la plus haute et la plus grande qui soit. Nous pouvons facilement nous y habituer en rentrant dans une routine en apparence confortable pour éviter de continuer à risquer la relation. Essayer de s’ajuster à la relation au cœur du Christ est exigeant et coûteux mais cela vaut la peine d’être vécu. Année après année nous pouvons sentir la transformation qui s’opère en nous par ce contact avec notre Seigneur. Nous pouvons toucher la force et la solidité qu’elle nous donne en nous emmenant à vivre du même amour que le Fils éternel vit avec le Père et l’Esprit.

Demandons au Seigneur, la grâce de ne jamais nous habituer à sa présence et de toujours risquer l’exigence de sa présence. Amen.

Abbé Henri Beaussant +