Chercheurs de Trésors

Chercheurs de Trésors – 15 septembre 2019

Nous savons bien que notre trésor se trouve dans le ciel et que nous sommes tendus vers cette venue du maître. Cependant nous vivons ici-bas écartelés entre notre désir du ciel et notre amour de la terre, et ces deux désirs qui s’affrontent en notre cœur nous apparaissent comme inconciliables. L’équilibre est-il possible ?

 Ne soyons pas effrayés de ressentir cette faille intérieure, entre notre désir d’être avec Dieu et notre attachement à cette terre, car elle est le signe que nous sommes vivant et en chemin vers l’union parfaite en nous du corporel et du spirituel. Mais l’équilibre intérieur est difficile à trouver. Nous oscillons souvent entre un lien trop fort avec les réalités charnelles, amour des personnes, de la nourriture, de l’argent, et un rêve spirituel qui consisterait à renier totalement notre réalité corporelle  pour ne vivre que du divin. Nous nous imaginons alors dégagés de toutes contraintes terrestres. Mais ni l’une, ni l’autre de ces deux formes n’est humaine : ce sont toutes deux des mirages de notre esprit qui nous empêche d’affronter la réalité de notre condition humaine.

L’équilibre se joue dans l’amour de notre nature corporelle comme le lieu où se donne le divin. Ce n’est rien d’autre que de se construire sur cette terre un trésor dans le ciel. De croire que c’est derrière l’écorce de la chair que l’éternité est donnée. Cette chair si fragile est soit notre lieu du passage, soit notre lieu d’asservissement. Notre appel, à la suite de l’incarnation du Christ est de chérir notre réalité corporelle. Accepter l’ambivalence de nos sentiments charnels et ne pas voir notre nature corporelle se refermer sur nous-même comme un piège. Vouloir détruire cette composante de notre être, la détruire pour obtenir les réalités célestes provoque du même coup l’impossibilité d’accéder à Dieu. La simplicité de l’appel est à la hauteur de sa difficulté : nous sommes poussés à accepter la réalité de notre nature humaine, à l’aimer car elle est promise avec tout notre être à connaître l’éternité en elle. Mon corps est le lieu où je pourrai pleinement goûter l’éternité de Dieu.

 Demandons au Seigneur de vivre sur cette terre et dans notre corps cet ardent désir du Ciel qui nous habite.

 Abbé Henri Beaussant +