L’espérance au-delà de l’épreuve

L’espérance au-delà de l’épreuve – 13 octobre 2019

Jésus, traversant la Samarie, entrait dans un village. Dix personnes durement éprouvées par leur état de santé l’implorent : « Jésus, maître, prends pitié de nous ».

Le recours à Dieu n’est-il pas le chemin le plus sûr face à une situation tragique ? Serait-il une attitude humainement inauthentique ?  « L’humain n’est-il pas authentiquement l’humain que là où il est soutenu par l’armature incorruptible du sacré : faute de quoi, il se décompose et il périt » (Gabriel Marcel) ? Cette armature n’est-elle pas en définitive notre foi et notre espérance en Dieu et à son Fils Jésus-Christ capables de nous porter tandis que le tragique exercerait sur nous les forces de la mort et du néant ?

Si les dix lépreux sont portés par l’espérance du salut, c’est que celle-ci naît naturellement des situations tragiques de la vie, quand notre plénitude d’être est menacée. La maladie grave ou incurable, l’échec et la trahison, la mort d’un être cher, impriment sur nous une forte conscience de notre finitude. Selon qu’ils nous atteignent, ils peuvent parfois paraître comme des moments infernaux, nous enfermer dans notre malheur. Ils comportent inéluctablement la possibilité absolue du désespoir. Mais ces épreuves peuvent aussi être le « tremplin d’une espérance absolue », notamment l’espérance à Dieu comme chemin vers la plénitude d’être.  L’espérance du salut surgit toujours d’une situation qui apparaît comme ‘’mort’’. Elle s’instaure en nous comme « une percée vers l’invisible ».

« Jésus, maître, prend pitié de nous » : Comment ne pas remarquer l’élan qui porte « les dix lépreux » ? L’espérance ne se révèle-t-elle pas comme « une volonté dont le point d’application serait placé à l’infini…, ses embouchures situées dans le monde invisible » ? Ne s’affirme-t-elle pas comme une lutte contre la puissance du néant, une résistance au tragique et un effort d’assumer la situation ?  L’âme espérante s’élance ! L’espérance remet en route, elle est une détente, une plongée au sein de ma propre réalité, un bon vers un au-delà, vers la Réalité transcendante. L’espérance n’habite-t-elle pas dans les âmes libres, disponibles, ouvertes à Dieu, à la Réalité suprême ?

Père Blaise Mankana