Le Christ vient

Le Christ vient – 1er décembre 2019

Les textes liturgiques de ces dernières semaines sont rudes.

Tout ce que nous connaissons semble s’écrouler sous nos pieds : nos lieux de vie, les relations humaines, nos liens de sang. Tout semble noir sans interstices de lumière mais, malgré ce sombre tableau, le Seigneur nous appelle à persévérer dans la foi par la veille. Le Christ nous redit qu’en toute chose et particulièrement dans les épreuves, c’est l’orientation de notre regard intérieur qui importe. Croirons-nous lorsque ces évènements arriveront, et à échelle réduite au jour de notre mort, que le Christ est éternel, qu’il a vaincu la mort et que rien ne nous séparera de son amour ?

Le Christ nous met en garde car il connaît la violence de ce chaos et la difficulté devant laquelle nous mettra cette tempête de croire que la promesse que Dieu nous a faite est sans repentance. C’est un acte de foi que le Seigneur nous demandera car tout nous indiquera le contraire. Tout nous poussera à basculer dans le désespoir. Tout criera que Dieu n’existe pas et rien de concret ne nous permettra de croire que l’on peut s’en sortir tout seul. Nous touchons déjà cette réalité lorsque nous voyons descendre dans la mort un être que nous avons aimé.

La foi dans le retour du Christ est une certitude que « le monde s’accomplira du fait de l’invincibilité de l’amour qui a vaincu dans le Christ ressuscité ». La foi, contrairement aux apparences puisqu’elle semble fragile et est invisible à nos yeux, est l’arme la plus puissante que le Seigneur nous donne.  C’est cette foi à laquelle Abraham s’est encordée pour « croire contre toute espérance » ; c’est cette foi à laquelle Marie s’est accrochée pour espérer dans les promesses de Dieu qui lui disait qu’elle serait la mère du sauveur du monde. C’est par la foi que nous sommes sauvés, c’est par elle que nous pouvons triompher du désespoir et de la terreur qui tentent de ronger notre lien intime avec Dieu afin de nous faire définitivement basculer dans le vide. Rien, nous dit le Christ, ne peut nous atteindre définitivement si nous nous accrochons à sa Parole, si nous mettons notre confiance dans sa personne par la foi. Le Christ et ceux qui croient en son nom sont éternels là ou tout ce qui appartient au prince de ce monde périra de ne pas être divin.

Toutes les choses que nous aurons accepté de lui offrir en les plongeant dans sa mort et sa résurrection : notre vie, nos liens sur cette terre, nos amours, tout ce que nous aurons laissé animer par Dieu dans notre monde, traversera le chaos pour recevoir la vie éternelle avec Dieu.

Le Christ nous redit que la foi que nous plaçons en lui est puissante : par elle, nous entrerons dans l’éternité. Demandons ce soir la grâce de la persévérance, afin que, remplis de foi, rien ne nous effraie, car « tout passe mais Dieu ne change pas ».

Abbé Henri Beaussant +