Sauterelles et vipères

Sauterelles et vipères ! – 8 décembre2019

Le bestiaire de l’évangile est habituellement assez léger, mais aujourd’hui nous sommes gâtés, par les lectures : ces animaux vont – ils trouver leur place dans votre crèche ? Peu attrayants, soit animaux bondissants, soit rampants ! Cependant leur mention n’est pas faite que pour illustrer le récit ; ils ont une signification théologique et spirituelle. Les sauterelles évoquent bien entendu la 8ème plaie d’Egypte, fléau dévastateur qui annonce la famine. Sommes-nous alors encore concernés, dans notre société de consommation, est-ce envisageable ? Surtout au moment de Noël, où les conventions sociales imposent de dépenser, en black ou white, avec soldes ou promotions, foie gras et cadeaux, tant d’occasions de nous perdre en oubliant l’essentiel. Le prophète est alors nécessaire, pour annoncer le Messie, celui qui vient au Nom du Seigneur  préparez vos cœurs pour l’accueillir et changer vos vies. Il transformera l’amertume en douceur, la captivité en liberté, le mensonge en vérité, les ténèbres en lumière sauf si le serpent réussit à vous faire douter en sifflant à vos oreilles : à quoi bon ? Et qu’en un clic, vous retombiez comme tout le monde, et viviez comme lui. Or nous avons ce qu’il faut pour réagir et si possible laisser Dieu nous convertir. La vie deviendra alors savoureuse, comme le miel qui ruisselle en Terre promise c’est promis ! Oserions-nous douter, et nous laisser convaincre par un serpent rampant, mangeant la poussière, et qui prétendrait nous guider, faisant mine de nous vouloir du bien mais ouvrons les yeux ! STOP. Cessons d’errer, et de ramper, de louvoyer, et de nous fourvoyer, de jouer et de tricher : réagissons à la hauteur de la Bonne Nouvelle annoncée : le Sauveur va venir, et Jean Baptiste le désignera comme l’époux qui vient à nous, pour s’unir à nous, comme l’époux accueille l’épouse qui le transforme. Il y a une certaine urgence devant cette annonce, même si année après année, siècle après siècle, nous pourrions penser à tort, que les choses se renouvellent en permanence. Ne laissons pas passer le temps, sans en profiter pour le remplir et nous convertir. La cognée est posée à la racine des arbres, et le jugement pourrait tomber. Or nous n’y croyons qu’à moitié, en répétant comme un refrain anodin : vous ne connaissez ni le jour ni l’heure. Et alors ?

Loup, agneau, léopard, chevreau, vache et ourse, bœuf et cobra, un vrai zoo concerné lui-même par le renouveau de la présence de l’Esprit qui reposera sur le rejeton. Dieu renverse toute chose, en remettant tout en ordre, à la mesure de notre engagement selon notre liberté : se convertir ! C’est-à-dire se laisser toucher par la présence de Dieu, et accepter d’être changé en bien, en mieux, en vrai.

Le modèle que nous avons et que nous vénérons, est la Vierge Marie, dont nous célèbrerons demain la qualité d’Immaculée. Marie a su accepter cette sainteté que Dieu lui offre, et en réponse lui dit humblement mais fermement : OUI à l’accomplissement de sa volonté, initiant le renversement en cour d’accomplissement : nous en sommes les témoins et les bénéficiaires, ne perdons pas le cadeau, ni de temps ! Offrons-le au monde.

Abbé Guillaume Seguin