Dieu avec nous

DIEU-AVEC-NOUS – 22 décembre 2019

« La Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : ‘’Dieu-avec-nous’’ ». Voici la Bonne Nouvelle de ce dimanche, le dernier de l’Avent. De quoi nous réjouir et nous apaiser : « Dieu avec nous ». Rien n’est plus rassurant que cette proximité effective de Dieu. Il est là, avec nous, à nos côtés, il nous rejoint et fait route avec nous. Les disciples d’Emmaüs en ont fait l’expérience. Ecoute ces belles paroles : « Reste avec nous Seigneur car le soir vient et la nuit approche ». Il entra et resta avec eux. Or, quand ils furent à table avec eux, il prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent… Et ils se disaient l’un à l’autre : ‘’notre cœur était si brûlant tandis qu’il nous parlait en chemin’’ » (Lc 24,13-35).

Dans cette annonce, nous retrouvons le vrai sens de Noël. Il ne s’agit pas de courir après toujours plus de consommation mais d’accueillir Dieu qui vient chez nous, qui passe devant les portes de nos cœurs et veut faire route avec nous. Quand il fit semblant de s’en aller, les deux compagnons lui dirent « reste avec nous ». Ce que Dieu attend de nous, ce sont les signes de notre disponibilité à le recevoir, à partager notre table avec lui, c’est-à-dire nos inquiétudes, nos souffrances, nos craintes et aussi nos joies et nos espoirs ? Il vient nous sauver. Ainsi, donnerait-il un sens nouveau à notre vie. Le salut, c’est que notre vie trouve un sens nouveau ; elle se renouvelle dans l’amour pour laquelle Dieu aime le Monde et nous aime tous. Dieu, qui vient au quotidien de notre histoire,  ne demande qu’une chose aux hommes : nous ajuster nous-mêmes à ce projet souvent déconcertant mais bienveillant, l’accueillir et lui donner un amour renouvelé, une foi plus forte.

L’« Avec-nous » traduit une dimension fondamentale du salut en Jésus-Christ. Par lui, Dieu vient assumer sa relation à l’Homme en sauvant « ce qui était perdu », c’est-à-dire lien brisé par le péché. En son Fils Jésus-Christ, Il assume notre humanité et nous unit à sa propre divinité. Personne ne peut empêcher Dieu de vouloir nous sauver, nous faire part de sa divinité, de restaurer notre dignité de Fils, d’être comme dit saint Paul « héritiers et cohéritiers du Christ », c’est-à-dire de nous donner d’avoir part à son héritage, à la gloire céleste et à la vie éternelle. La proximité de Noël nous rappelle que notre foi est une attente : nous attendons la venue de Celui qui unifiera en lui Dieu et l’homme. L’Avent est le signe de cette attente dans l’espérance qui nous met en route vers Celui qui ne cesse de venir à nous et nous invite à Lui. Rien n’est plus merveilleux que d’ouvrir sa vie à Dieu, à l’instar de la jeune Vierge de Nazareth.

Père Blaise Mankana