Dans cette nuit où je crie en ta présence

« Dans cette nuit où je crie en ta présence » (Ps 87) – 12 janvier 2020

Adieu Antoine

Quand la mort surgit, elle nous blesse profondément. Nous ne pouvons pas éviter la flèche qui nous atteint en plein cœur.

 Antoine Coppée, 26 ans, qui a servi dans la paroisse à travers la messe du dimanche soir et le chœur Saint Login, est mort mardi matin dans un accident de la route. Antoine nous quitte subitement et mystérieusement. Cet arrachement provoque en nous une douleur qui crie. Inconsolables, nous contemplons toutes ces possibilités d’instants, de projets, d’amitiés avec lui qui nous sont enlevées. Or, il n’y a aucune explication à donner, ni de sens. Seule la douleur nous habite. La mort nous atteint réellement et nous la sentons au fond de notre être. Ici se révèle la lutte que nous menons contre l’absurdité de la souffrance.

 Dans cette obscurité qui peut nous faire perdre pied, nous essayons, au pied de la croix, de nous attacher au Christ : il a pris sur lui ce qui nous tue afin de nous empêcher de mourir. Notre foi ne nous empêche pas de ressentir cette douleur et nous sommes déchirés par la souffrance. Mais si notre Dieu est le « Dieu des vivants », cela ne signifie pas qu’il nous empêche de connaître la mort mais qu’il viendra mettre sa puissance de vie en nous dans cette mort qui nous atteint réellement aujourd’hui. C’est en affrontant face à face cette absurdité de la mort avec le Christ que nous permettrons à Dieu de faire jaillir dans notre douleur une vie nouvelle. Le Christ n’a pas effacé notre souffrance, il l’a vaincue en nous permettant de la traverser, comme lui est passé par la mort pour entrer dans la résurrection.

            Cher Antoine, nous prions pour toi. Intercède pour nous.

                                                                                                                                         Abbé Henri Beaussant +