Agneau

Agneau – 19 janvier 2020

Tandis que nous sommes encore sous le charme des moutons de la crèche, blancs et noirs, jalousement gardés par nos bergers, gâtés de la première annonce, nous basculons en quelques jours au bord du Jourdain, avec un Sauveur de 30 ans, désigné comme l’Agneau de Dieu ! Nous savons qu’il y a un lien entre la paille de la crèche et le bois de la croix ; entre l’enfant Dieu déposé dans la mangeoire, et l’Agneau de Dieu sacrifié et consommé !

Jean Baptiste le désigne sans détour, comme étant l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde, et nous le répétons trois fois dans l’antienne de la messe avant la communion, en nous frappant la poitrine, afin de bien nous rappeler que le péché du monde, c’est le mien. Suit alors la fraction du pain, où le prêtre dans son rôle sacerdotal manifeste l’immolation de l’Agneau en le brisant, manière de rappeler que c’est Jésus lui-même qui a été broyé à cause de nos péchés (Is 53, 5). Cet Agneau tout doux a été lesté de nos péchés et englouti dans les eaux de son baptême, pour accomplir les paroles de l’Ecriture, et ressurgir à la vie du côté de la terre promise. Tu triomphes de nos péchés, tu jettes toutes nos fautes au fond de la mer (Mi 7, 19).

Il a beau être désigné par Jean Baptiste, annoncé par les prophètes et attendu par le peuple élu, seule une petite portion le reconnaitra, jusqu’à cette moitié de l’humanité au Golgotha dans l’acte de foi du larron, désigné depuis comme bon ! Bien que n’ayant fait aucun mal, il assume tout le mal, et le prend sur lui dans ce sacrifice pascal, du passage de la mort à la vie, en étant l’Agneau immolé. Se manifeste alors le Père en désignant son Fils unique bien aimé en qui il a mis tout son amour, et la présence de cette candide colombe, qui vient demeurer sur lui !

Désormais nous le savons, sortant du mystère de Noël, en ayant contemplé la folie de l’Incarnation, d’un Dieu bébé venu nous sauver, et transformant sa venue en Rédemption, nous devons témoigner de la force de sa résurrection dans nos vies et dans l’élan de l’Esprit, abondamment donné à ceux qui viennent le réclamer.

Sans troubler ce tableau merveilleux de l’Agneau et de la colombe, n’oublions pas que le loup continue de rôder, et que malheureusement nous en sommes trop souvent complices. Osons désigner le péché, le combattre et témoigner de la beauté de la vie fasse à la laideur du mensonge et de la mort. Tout homme est sauvé par Jésus, quel que soit son âge, son poids, sa couleur, sa qualité… C’est pour chacun de nous, et d’eux que Jésus s’est fait Agneau immolé ! Étonnant de constater à quel point encore aujourd’hui, nous devons en témoigner et le manifester, « tandis que nous nous engageons toujours plus avant vers une dérive mercantile de pays nantis qui se payent le luxe d’organiser un trafic eugéniste avec l’élimination systématique des plus fragiles, la création d’embryons transgéniques et de chimères » (communiqué de Mgr Aupetit du 15/01/20, sur les lois de bioéthique).

Le voyez-vous l’Agneau qui demande que nous soyons ses témoins au milieu des loups, avec la force et la douceur de la colombe ?

Abbé Guillaume Seguin