Une grande lumière

Une grande lumière… – 26 janvier 2020

Dans notre monde bousculé, incertain, voir incompréhensible, on en viendrait presque à envier les habitants de Capharnaüm, plongés dans l’obscurité de leur quotidien et qui ont vu s’approcher une grande lumière ! Mais pourquoi sommes-nous aujourd’hui dans le brouillard ? Pourquoi sommes-nous amenés à tournoyer parfois comme un insecte pris sous un lampadaire ?

Que fait Jésus lorsqu’un certain monde s’écroule autour de lui ?

Il décide de rejoindre une région « mélangée », la Galilée, une zone de transit, un endroit où l’on rencontre des personnes de races, de cultures et de religions différentes !

C’est cette Galilée diversifiée, dans un contexte culturel très métissé que Jésus débute sa vie publique, qu’il appelle ses premiers disciples, avec pour objectifs de partager et de rassembler !

Rassembler les communautés diverses, en commençant par les plus pauvres. Rassembler ses disciples et ses futurs apôtres dans cette Galilée qui deviendra le lieu symbolique de l’ouverture de l’Evangile à tous les peuples.

En partant de la Galilée, Jésus nous enseigne que personne n’est exclu du salut de Dieu, au contraire, Dieu préfère partir de la périphérie et des laissés-pour-compte pour rejoindre chacun. Il nous enseigne une méthode, sa méthode, qui exprime le contenu, à savoir la miséricorde du Père. «Tout chrétien et toute communauté chrétienne discernera quel est le chemin que le Seigneur lui demande, mais nous sommes tous appelés à accepter cet appel : sortir de son confort et avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Évangile »

De ce point de vue, la Galilée ressemble au monde d’aujourd’hui : un monde multiculturel qui engendre la confrontation mais aussi de nouvelles rencontres et des échanges fructueux. Nous aussi nous sommes immergés chaque jour dans une «Galilée des nations» et dans ce contexte, nous pouvons nous effrayer et céder à la tentation de construire des enclos pour être plus en sécurité, plus protégés, y compris dans notre église. Mais Jésus nous enseigne que la Bonne nouvelle qu’Il apporte n’est pas réservée à une partie de l’humanité, elle est pour tous. C’est une annonce joyeuse destinée à ceux qui l’attendent mais également à ceux qui, peut-être, n’attendent plus rien et n’ont pas même la force de chercher et de demander.

C’est cette lumière qu’il nous faut retrouver, partager et suivre. C’est celle de la raison et de la joie, de l’espérance et de la vérité. Car notre église n’exclue pas, elle rassemble, elle ne juge pas, elle accueille, elle nourrit les cœurs et les âmes pour que le message de l’évangile soit compris et partagé. Nous le vivons lorsque nos assemblées se réunissent, cette communion dans la diversité nous redresse et nous entraîne ! C’est la lumière de l’avenir, sur laquelle nous devons comme Jésus, veiller et partager en invitant celles et ceux qui sont en quête de sens à retrouver le chemin de l’apaisement et pour certains, de la guérison.

Le chemin est là devant nous, il nous est offert ! Sachons nous aussi nous faire disciples et apôtres et porter ce message de paix et d’amour. Partageons cette espérance notamment envers les plus pauvres et les exclus, c’est le chemin de Jésus, c’est notre chemin de Chrétiens !

Sylvain Thibon, Diacre permanent