Lumière et sel

Lumiaire et sel – 09 février 2020

« Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde ». Il revient à chacun d’entre nous d’entendre ces paroles du Christ, et de comprendre ainsi personnellement quelle est notre mission de chrétien. Mais nous devons aussi les écouter ensemble, comme le peuple d’Israël au pied du Sinaï écoutait la voix de Dieu, et comme les disciples de Jésus écoutaient son enseignement sur la montagne de Galilée.

Toute notre communauté paroissiale peut prendre à son compte cette parole de Jésus : « Vous êtes la lumière du monde ». Nous le sommes non par nous-mêmes, mais parce que par le baptême, nous avons été illuminés par le Christ, Celui qui nous dit : « je suis la lumière du monde, celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres ». Et nous annonçons l’évangile du salut dans notre quartier. Notre paroisse ne peut se dérober à cette mission d’évangéliser et de témoigner en actes de la Bonne Nouvelle : « Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison ». Nous n’existons pas pour nous-mêmes, mais pour que par nous, le Christ poursuive sa mission.

« Vous êtes le sel de la terre » : cette parole de Jésus peut sembler contradictoire avec l’idée que nous devons faire resplendir la lumière dans le monde. En effet, le sel ne se voit pas. Il agit puissamment (il purifie, il conserve, il relève le goût), mais de façon invisible. Que veut nous dire Jésus ? Qu’il ne s’agit pas tant de faire des choses impressionnantes et visibles, que de mettre de la qualité et de la profondeur dans ce que nous faisons. C’est pourquoi nous devons mettre toute notre énergie à soigner la qualité de notre vie paroissiale, en nous laissant conduire par l’Esprit Saint : par notre attachement au Seigneur Jésus en son eucharistie, par un authentique désir de lui être fidèles et de nous convertir. La beauté de la liturgie représente à ce titre un enjeu de premier ordre. Mais aussi par la qualité de nos relations fraternelles. Une paroisse est comme une famille, et comme dans toute famille, l’unité vient de la capacité de chacun à donner de la place aux autres, de vivre une charité très concrète. Ne négligeons pas ce qui permet de construire des relations fraternelles. Ayons le souci dans tous nos groupes paroissiaux d’accueillir sans cesse plus largement des nouveaux ; cet objectif fait partie de la « conversion missionnaire » que le pape François demande aux communautés de mettre en œuvre. Notre charité se vérifie aussi dans l’attention que nous portons aux personnes pauvres, aux personnes isolées, aux personnes malades.

N’attendons pas le Carême pour vivre cette conversion missionnaire, personnellement mais aussi dans notre communauté : « que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

Père Henri de l’Eprevier