Quelle chance !

Quelle chance ! – 1er mars 2020

Voilà quelques jours que le Carême est inauguré par ce très beau jour des Cendres, que nous avons reçu sur nos fronts en signe de pénitence et de conversion. Quelle chance de de le commencer ! Ne laissez pas résonner en vous la petite ritournelle habituelle qui vous suggère que le carême est pénible. Non c’est une chance de savoir que 40 jours nous séparent du plus grand jour de l’histoire de l’humanité (que nous célébrons chaque dimanche avec enthousiasme), et qu’ainsi nous nous lançons dans la dernière ligne droite qui nous y conduit. Certes chaque année nous le recommençons, et pour un très grand nombre, chaque année nous pensons le rater … tellement il va vite passer ! Et pourtant, quelle chance de pouvoir nous entrainer par un réel combat spirituel et charnel, donc entier, vers ce sommet de nos vies chrétiennes dans lequel l’alliance de Dieu avec l’humanité est définitivement scellée et nous sauvés !! En effet, l’enjeu est de réaliser la chance que nous avons d’avoir un Dieu qui nous rejoint au point de donner sa vie, pour aller nous chercher là où nous nous sommes fourvoyés, par suite du péché, dans les ravins de la mort, et finalement connaître les étendues de la Vie, grâce à la résurrection de Jésus Christ.

Cette période de 40 jours, annonce la naissance, l’irruption d’une nouveauté dans le déroulement de l’histoire. C’est le temps nécessaire à la gestation d’une vie humaine (en semaine) ; celle que Dieu veut à tout prix, jusqu’à celui de sa propre vie (par sa mort), nous aimant jusqu’au bout, pour être sûr que nous l’ayons vraiment en abondance. Ainsi, le Seigneur va inaugurer sa mission, après 30 ans de vie cachée, par les 40 jours au désert, pour finalement affronter le diable, le diviseur, le menteur, là où le Christ va révéler la Vérité et réclamer l’Unité. Quelle chance avons-nous d’être à ce point pris en charge par le Bon Dieu, et guidés par lui sur le juste chemin, même à travers (ou surtout) le désert. Sa pédagogie est sans faille, c’est pourquoi dès le début il annonce la fin ; rien ne peut le séparer, ou le détourner de ce pourquoi il est venu : manifester la Gloire de Dieu et faire triompher la Vie. Quelle déconvenue pour Satan, qui se présentera de nouveau au moment de la Passion, tentant ultimement de détourner le plan et de séparer le Fils. Mais, plus que de la chance, c’est la grâce et la liberté du Christ qui se manifestera, accomplissant parfaitement la volonté de son Père, qu’il nous donnera, faisant de nous, dans sa mort, et sa résurrection, ses enfants ; Alliance nouvelle et éternelle.

Voilà pourquoi nous nous préparons avec ardeur et ferveur en ces jours de Carême, accompagnant de nos efforts, nos frères catéchumènes, touchés par la grâce et qui seront plongés dans 40 jours dans les eaux de la vie, et baignés de l’Esprit. Ils savent eux, que le combat est rude, et la tentation grande de tout abandonner, car devenir chrétien, ce n’est pas rien … et redresser en nous les traces du péché originel, demande de la persévérance et un juste acquiescement de notre liberté. OUI, je veux suivre le Christ et faire la volonté du Père. Corrigeant par la, l’acte des origines qui nous sépara de Dieu et dont nous gardons la trace. Le baptême va alors rétablir l’union, par adoption et donc filiation, et nous offrir la communion, permettant de laisser Dieu grandir en nous, pour qu’avec Lui et grâce à Lui, nous vivions éternellement en Lui. Il faut bien laisser 40 jours, la grâce travailler nos cœurs, nos âmes et nos corps, pour qu’à la fin, la naissance jaillisse pleinement, et qu’avec lui nous ressuscitions à la vie réussie, la sainteté !

Bon carême à chacun, et qu’ensemble nous allions au bout, pour recevoir et commencer la Vie !

Abbé Guillaume Seguin