La Transfiguration dans notre vie

La Transfiguration dans notre vie ! – 8 mars 2020

Joignons-nous au groupe des trois disciples que Jésus mène au Thabor. Quelle surprise que cette expérience! Ils ne s’attendaient pas à une telle manifestation de gloire, ils n’auraient jamais osé la demander, ils s’en seraient sentis indignes. Surtout, ils découvrent un Christ encore plus admirable et fascinant que ce qu’ils imaginaient jusque-là au point que cela les effraie… Et pourtant Jésus leur offre cette expérience gratuitement, sans prévenir et sans rien attendre d’eux en retour tout en les rassurant affectueusement. De même, pour nous : le Seigneur est intervenu dans nos vies, nous révélant fugacement sa gloire ou nous donnant de vivre une expérience plus profonde. Comme saint Pierre dans sa deuxième lettre, nous pouvons remonter à ces expériences fondatrices pour affirmer : « Cette voix, nous l’avons entendue ; elle venait du ciel, nous étions avec lui sur la montagne sainte.» (2P1 15) Cette Voix est mystérieuse mais elle est claire dans notre vie : c’est l’appel à une vocation consacrée, une rencontre importante avec une personne sainte, un événement peut-être douloureux qui m’a amené à découvrir  l’essentiel ou encore une expérience de prière qui m’a marqué profondément…Tant de moments où la présence de Jésus glorieux s’est imposée à moi et m’a transformé. Mais, dans notre cheminement ordinaire, nous sommes parfois bien préoccupés par notre itinéraire spirituel, surtout en cette période de Carême. Nos regards ont tendance à s’attacher ici-bas à notre petit monde, parce que nos propres forces ne seront jamais suffisantes pour suivre le Christ. Et pourtant, Jésus continue à nous emmener sur la montagne ! A l’improviste, il nous offre ces dons spirituels que nous n’osions même plus demander : le don de la contemplation, de la charité, de l’attention… Sans aucun mérite de notre part, simplement parce que le Seigneur nous aime qu’il nous rejoint là où nous sommes, qu’il veut nous faire partager son bonheur de communion avec le Père. Recevoir la gloire : n’est-ce pas ce que Jésus est venu nous enseigner? N’est-ce pas le but de toute notre vie chrétienne d’être finalement pleinement introduits dans la gloire de Dieu? Au milieu des multiples obligations légitimes que nous remplissons, restons-nous toujours dans la plaine ou prenons-nous le temps de gravir la montagne avec Jésus pour entrer régulièrement en contemplation et en adoration et pour recevoir les signes de sa présence glorieuse? Le Christ amène ainsi chacun à faire l’expérience du Thabor. Pourquoi ? Parce que notre chemin comme le sien passe par le Calvaire et dans les moments difficiles où la croix s’abat sur nos vies, c’est l’espérance de la gloire qui nous maintient fidèles. Nos expériences de la Transfiguration, si elles sont authentiques, nourrissent en nous la foi qui nous dévoile l’inattendu : la croix que nous voudrions rejeter est une bénédiction, elle est le chemin pour aller vers le Père. Mais pourquoi cette expérience n’est-elle pas plus vive dans notre vie? Pourquoi l’oublions-nous si facilement? Pourquoi la cherchons-nous dans d’autres citernes vides qui ne peuvent étancher notre soif de voir Dieu? Peut-être sommes-nous comme saint Pierre, nous ne savons pas comment accueillir correctement ce don. Nous voudrions vivre toujours dans la claire vision de la gloire de Dieu en nous trompant de bonheur, en un mot, nous ne sommes pas vraiment dociles à l’Esprit  Saint ! En ce temps de carême, Sachons donc remercier le Seigneur pour toutes les expériences de communion entre nous, de lumière reçue dans la prière, d’enthousiasme et de succès dans la mission. Il nous donne à vivre ces expériences dans sa bonté comme autant de petites montées au mont Thabor. Sachons aussi redescendre et rendre au Seigneur toute la gloire, prendre notre modeste place dans l’œuvre commune et accepter humblement  les croix de chaque jour. Comment y parvenir? En demandant une grâce que le pape François nous décrit : « Ne pas opposer de résistance à l’Esprit Saint : telle est la grâce que je voudrais que nous demandions tous au Seigneur. La docilité à l’Esprit Saint, à cet Esprit qui  vient à nous et nous fait aller  de l’avant sur  la route de la sainteté, cette sainteté si belle de l’Église, la grâce de la docilité à l’Esprit Saint. »

Bon chemin de carême – Sylvain Thibon