Editorial – 18 novembre 2018

Pauvres et premiers

En ce dernier dimanche ordinaire de l’année liturgique s’installe petit à petit dans l’Eglise la journée mondiale des pauvres. Initiative lancée il y a quelques années sous l’impulsion d’associations s’occupant de nos frères sans domicile, invités à un pèlerinage à Rome … 300 personnes se sont retrouvées sur le quai de la gare de Lyon à Paris pour monter dans le train et rejoindre la Ville éternelle ! Le foisonnement de la vie romaine, et une audience avec le Saint Père lancèrent l’idée d’inviter de façon plus universelle, d’où cette idée de journée mondiale ! Cette année elle se vit de façon diocésaine, pour amorcer la rencontre de l’an prochain autour du Pape … Ainsi en ce dernier dimanche nous prenons soin de ceux qui sont considérés comme derniers dans nos sociétés … et voilà que grâce à Jésus Christ nous découvrons et surtout nous témoignons qu’ils deviennent premiers ! En effet ne nous y trompons pas, toutes nos initiatives dans le monde caritatif et au nom de l’évangile, pourraient nous donner l’idée que nous sommes les premiers à servir les «derniers » et comme par miracle, nous découvrons qu’en réalité c’est le Christ qui nous visite à travers cette personne que nous servons. Elle devient première !

C’est un signe que nous vivions ce renversement le dernier dimanche de l’année, montrant ainsi que dans l’ordinaire de nos vies il devient le premier, au service de nos frères.

En ce temps où nous attendons le retour du Christ à la fin du monde, ne nous trompons pas de le reconnaître et de l’attendre au quotidien dans chaque rencontre gratuite, habitée par l’amour, transformant le dernier en premier, « sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte », pas seulement dans le brouhaha d’un retour apocalyptique, mais aussi dans l’imprévu du quotidien, et le déroulement de nos jours. Nous ne sommes pas que des sentinelles guettant la fin du monde, mais aussi des veilleurs pour que chaque jour, en attendant le dernier, soit un temps de rencontres fécond de grâces au nom de l’évangile et devienne premier. Sans oublier que chacun de nous est un pauvre devant Dieu, sauvé par son amour et appelé à le partager ; quelle grâce d’être dans le regard du Christ, tous des premiers sauvés malgré ou à travers nos pauvretés. Soyons alors attentifs à reconnaître les signes des temps et à demeurer vigilants pour les recevoir et les annoncer. En toutes circonstances, à chaque instant et pour chacun de nous, nous pouvons témoigner.

C’est ainsi que se construit pour nous et avec nous, le royaume de Dieu, avec le Christ Roi, parmi nous au milieu des pauvres.

Abbé Guillaume Seguin