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Insupportable violence !

Insupportable violence ! – 24 février 2019

La violence se banaliserait-elle ? Peut-on comme Chrétiens s’en désoler sans réagir ? C’est une question que l’on doit se poser au regard des évènements qui se succèdent en France et dans le monde.

Comme le rappelle Mgr de Sinéty dans son Edito hebdomadaire sur RCF, « La violence est toujours le signe d’une agonie : c’est quand on ne sait plus ni parler ni penser que l’on se met à menacer et à casser. » https://bit.ly/2tuEys0

Retrouver le sens du spirituel

Lorsque l’on s’attaque à nos frères Juifs, lorsque l’on dégrade un lieu de culte ou un cimetière, lorsque l’on casse ou que l’on agresse dans la rue, c’est au fond, le constat alarmant d’une déliquescence de notre spiritualité qui s’exprime là sous nos yeux.

Nos églises se vident, la violence se développe…

N’y aurait-il pas un lien de cause à effet ? Lorsque le consumérisme consume l’homme au détriment du spirituel, alors tout dérape !

Nous ressentons que quelque chose ne va pas bien dans notre environnement, que notre monde ne tourne plus rond. Cela révèle une profonde cassure relationnelle entre les hommes, une incapacité à discerner, mais aussi un lien rompu des hommes avec le Créateur.

Le Pape François nous rappelle, dans cette très belle lettre Encyclique « Laudato Si » que tout est lié, tout est interdépendant. L’écologie intégrale évoquée dans cet ouvrage vient nous rappeler combien la préservation de notre terre commune est une condition de notre capacité à vivre ensemble en paix et en harmonie, avec soi-même et avec chacun.

 Nous ne sommes pas Dieu !

Retrouver le sens de la relation avec Dieu, avec son prochain, avec la terre …

L’harmonie entre le Créateur, l’humanité et l’ensemble de la création a été abimée par le fait d’avoir prétendu prendre la place de Dieu et en refusant de nous considérer comme des créatures limitées…

Tout se dérèglerait parce que l’homme n’aurait qu’un objectif : accumuler toujours plus de biens matériels, avec pour seul horizon sa propre personne au détriment du prochain, du collectif… et de son état spirituel !

Travailler au bien commun…

La tâche peut paraitre immense et insurmontable alors que les catastrophes se succèdent et que les mauvaises nouvelles s’accumulent.

 Pas pour nous, Chrétiens, car nous savons que de la plus petite graine de moutarde peut naître un arbre. Cette petite graine, nous en sommes tous dépositaires. Soyons volontaires pour la faire fructifier, comme dans l’évangile d’aujourd’hui lorsque Jésus fait un sort à l’esprit de vengeance et de violence pour effectuer un pas de paix vers l’autre, « Soyez miséricordieux comme votre Père » !

Seul un message de paix et d’amour sera capable de transcender nos peurs, nos divergences, nos violences.

En s’appuyant sur l’Evangile, soyons plus présents dans notre société pour porter et partager ce message d’optimisme et d’espérance.

Les lieux dans l’Eglise ne manquent pas pour réfléchir et agir, être au cœur de l’action.

Sylvain Thibon, Diacre permanent

Sommes-nous curieux ?

Sommes-nous curieux ? – 17 février 2019

En général, on demande à quelqu’un que l’on trouve trop curieux de ne pas s’occuper de ce qui ne le regarde pas. Mais il y a des choses au sujet desquelles on est heureux de trouver des gens curieux. La curiosité peut être une vertu. Il est beau et bon de s’intéresser à ce qui en vaut vraiment la peine, de vouloir en savoir davantage, et tout simplement d’être capable de s’émerveiller.

Si nous réalisions la chance qui est la nôtre de pouvoir participer chaque dimanche à la messe ! Sûrement est-ce déjà le cas. Il se peut que de dimanche en dimanche, nous ayons le sentiment d’une certaine monotonie, et pourtant, nous devrions ne jamais nous habituer complètement, et voir venir ce jour comme le sommet de toute notre semaine. L’eucharistie n’est-elle pas la « source et le sommet de toute la vie chrétienne », selon les termes du Concile de Vatican II ? A chaque messe nous entendons un passage de l’Evangile – aujourd’hui, les Béatitudes – ; savons-nous goûter à leur juste mesure ces paroles éblouissantes du Christ ? A chaque messe, en nous reconnaissant sincèrement pécheur, nous entendons le prêtre nous dire « que Dieu tout puissant nous fasse miséricorde, qu’il nous pardonne tous nos péchés et nous conduise à la vie éternelle ». A chaque messe, nous entendons ces paroles si étonnantes et si belles : « Ceci est mon corps, livré pour vous », « ceci est mon sang, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle, versé pour vous et pour les multitudes »… A chaque messe, c’est le Ciel qui s’approche de la terre, et c’est la terre qui est unie au Ciel ! « Si tu savais le don de Dieu » dit Jésus à la Samaritaine. Elle a soudain réalisé le sens de ses paroles, et elle est partie aussitôt chercher les habitants de son village pour qu’à leur tour ils viennent rencontrer Jésus.

Ce n’est pas seulement la célébration de la messe, c’est toute la journée du dimanche qui est un « temps consacré au Seigneur » selon les termes de la Bible. Chaque dimanche e st un jour de fête, un temps privilégié pour célébrer le Christ ressuscité, par la prière, par le repos, et par une plus grande attention portée les uns aux autres.

Nous avons parlé lors de notre pèlerinage de rentrée à Longpont d’une « culture de l’invitation. Aussi, nous vous proposons, avec le Conseil Pastoral, un « dimanche des curieux ». Ce sera le dimanche 17 mars. C’est très simple : vous avez la mission d’inviter une ou deux personnes que vous connaissez, un voisin d’immeuble ou une connaissance, et qui n’est pas venu depuis longtemps à la messe paroissiale ou qui n’ose pas venir, qui en a perdu l’habitude ou le goût, qui a peut-être tout simplement perdu le chemin ! Il ne suffit pas de l’inviter, vous aurez aussi à l’accueillir ce dimanche et à l’accompagner pendant la messe. A l’issue de la messe, nous nous retrouverons tous ensemble, avec tous les « curieux » que vous aurez fait venir, pour un apéritif, un repas partagé et un temps de découverte de la paroisse.

Le Christ invite largement, sachons relayer son appel !

Père Henri de l’Eprevier, curé

Soyez sans crainte… Avancez au large !

Soyez sans crainte… Avancez au large ! -10 février 2019

« Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? » Le premier reflexe de l’appelé est souvent l’hésitation : serai-je à la hauteur ? Est-ce que je mérite cet appel ? Plus d’un s’angoisse devant l’appel du Seigneur et cherche une échappatoire pour ne pas y répondre : Isaïe répondait par la fragilité de l’homme, Pierre par sa faiblesse-même et Paul, « l’avorton », il était le persécuteur par excellence de la foi.

Cette hésitation peut avoir aussi pour origine l’idée qu’on se fait de Dieu : un Dieu terrifiant. Dans la première lecture, ce dimanche, Dieu apparait dans sa majesté et dans sa transcendance. Isaïe, éprouvait de la terreur : Dieu est tellement transcendant que l’homme ne peut pas tenir devant lui. Cependant, à travers l’Evangile de saint Luc, Jésus présente le visage d’un Dieu transcendant devenu l’un de nous, proche de nous qui sommes pécheurs représentés par Pierre. Quoi de plus grand amour que cet abaissement (Kenose) ? Il est si proche au point qu’il veut nous intégrer dans son unité divine (Dieu-Trinité). Quand Jésus rencontrait, en effet, Saul sur la route de Damas, il a exprimé cette volonté : « pourquoi me persécutes-tu ! » lui disait-Il, au lieu de « pourquoi persécutes-tu mes disciples ». C’est pour dire qu’Il forme un seul Corps avec ces derniers. Comment répondre alors à l’appel ?

A l’exemple de Pierre, il nous faut d’abord laisser Jésus entrer dans notre barque, c’est-à-dire dans notre vie au quotidien. Mettons-la à sa disposition avec sa précarité, son désespoir, ses échecs, mais aussi avec ses humbles joies. Soyons attentifs à son enseignement, surtout à sa Parole qui nous dit : « Avance au large,… Sois sans crainte ». Lâchons prise. Laissons-Le transformer notre vie.

Il nous faut ensuite nous laisser inviter à la mission : « désormais ce sont des hommes que tu prendras ». C’est la « mission du filet ». Une mission de rassemblement des hommes dans la communion au Corps du Christ, à l’image du filet qui rassemble tous les genres de poisson sans exception. Ce n’est pas comme la pêche à la ligne, un simple loisir qui ne prend qu’une quantité limitée et sélectionnée de poisson. Luc met l’accent sur l’exigence de la communion ou de la solidarité dans cette mission. Pierre a appelé les autres pêcheurs pour l’aider à tirer le filet, sur le point de craquer. C’est pour signifier que la mission est une mission de communier dans la communion. Il faut se serrer les coudes pour l’avènement d’un monde nouveau : un monde d’amour.

Enfin, à la question : Est-ce que je mérite cet appel ? –La réponse est « Evidemment !» Dieu nous appelle tels que nous sommes, sinon Il enverrait des anges. Ce serait plus facile. A son appel, entrons dans notre barque et avançons au large : « Me voici : envoie-moi ! ». N’attendons pas d’être parfait pour partir en mission sinon, nous ne nous lancerons jamais. C’est lui-même qui nous purifiera au fil de la mission.

Jean-Elysée Solofonirina

La vérité sans démagogie

La vérité sans démagogie – 03 février 2019

Manifestement le Christ n’est pas un tacticien qui calcule le meilleur moyen de briller aux yeux de ses contemporains, même s’ils sont fascinés par ses propos, presque envoûtés. Il a le courage de la vérité tout en sachant les conséquences de ses futures paroles. Il ose la parole qui bouscule parce qu’elle est vraie et inévitablement charitable. Il dit paisiblement et sans démagogie la vérité.

Un communicant l’en aurait déconseillé et l’esprit séculier de notre époque dissuadé ! Il ne faut pas brusquer, cliver, diviser, trancher, plutôt vivre « l’unité dans la diversité », « le consensus dans nos différences » … et pourtant le Christ dit sans ménagement ce qu’il sait, en anticipant même sur les propos probables de son auditoire, et ce, jusqu’au prix du sang. Par charité il ose dire la vérité, et bouscule pour les changer ceux qui viennent l’écouter et l’admirer sans rien changer … De leur temps ils avaient pour circonstances atténuantes, le principe de nouveauté, et aujourd’hui nous pourrions dire que nous avons celui de l’ancienneté ! Nous savons tout ça et ce n’est pas la première fois que nous entendons ce passage de l’évangile … mais que change-t-il en nous ? Serions-nous comme les familiers du Seigneur, tellement habitués à le rencontrer, à le croiser, à le fréquenter, à communier, que nous en serions comme bouchés, anesthésiés ? Installés dans nos principes, ou nos « valeurs », accommodés de quelques arrangements personnels pour préserver l’incompatible avec l’évangile, et surtout ne rien changer à nos vies ?

Face à la dictature du relativisme, ou l’esclavage du « qu’en dira-t-on ? » nous devons avoir le courage de la vérité qui s’appuie sur la charité. Tout comme la charité ne va pas sans la vérité ! Intraitables dans les principes et toujours respectueux des personnes. Ne cessons pas de dénoncer le mal, même si nous sommes vilipendés ; le mal est mal, même si la majorité le pratique ou le considère comme normal, et le bien est bien même s’il est ridiculisé … Connaissant le « Dieu d’amour » et annonçant la « civilisation de l’amour » nous devons en vivre en combattant notre paresse spirituelle, et en témoigner au quotidien avec solidité, sans oublier que justice et vérité sont deux jumelles inséparables. La charité ne peut servir de prétexte à la bêtise, ou la mollesse. En revanche la charité désordonnée, contrairement à l’objectivité, c’est à dire à la vérité du Christ, de l’Evangile et de l’Eglise, conduira dans l’erreur et sous couvert de correspondre aux aspirations du « monde » ou du siècle, nous fera perdre la saveur de la foi. Clairvoyance, courage, humilité, force et douceur doivent nous permettre de vivre la vérité, sans démagogie et avec charité.

Abbé Guillaume Seguin

Seigneur quand est ce que tu viendras ?

Seigneur quand est ce que tu viendras ? – 27 janvier 2019

La question du « quand » se présente souvent à notre esprit mais elle ne semble pas être la plus juste. Pourtant il surgit, du fond de notre être une inquiétude. En effet, comme des enfants nous supplions : « Seigneur, dis-nous quand tu reviendras ! » Manifeste-t-elle le désir de l’essentiel qui habite notre cœur ? Dans ce cas, elle agit comme un aiguillon nous maintenant dans l’attitude de veille qui est la seule exigence laissée par le Seigneur : Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur va venir (Mt 24,42). Quelle peut être cette bonne inquiétude ?

Contemplons l’expérience humaine pour comprendre. L’attitude de veille est particulièrement perceptible dans la nuit,  lorsque le jour a regagné sa tanière. Là,  dans le silence, à la campagne ou en retraite, dans l’obscurité nous entrevoyons la densité d’une présence qui se cache et qui viendra un jour. Notre cœur semble alors veiller, comme on guette l’arrivée du jour ou de quelqu’un. Souvenons-nous du petit enfant que nous avons été, et qui, attendant un cousin ou une amie, faisait le guet au bout du chemin, dans une joie mêlée d’inquiétude. Lorsqu’il apercevait la personne que son cœur aimait, il pouvait bondir, tout à sa joie ; il n’était pas pris à l’improviste car il s’était préparé. Son inquiétude venait de son amour. Ce n’était pas un caprice, mais un désir du cœur. Là est l’attitude que nous devons revêtir. C’est une sorte de tension de notre cœur vers le sens de notre vie.

 Ces expériences du quotidien nous montrent la manière dont nous sommes appelés à attendre la venue de la gloire de notre Sauveur. Consumés au feu de la prière, qui seule peut maintenir notre cœur dans la veille, nous sommes encouragés à l’attendre, comme le peuple juif, pendant des centaines d’années, a attendu la venue de l’Emmanuel. La liturgie relie ces deux venues du Christ, dans la crèche qui va bientôt disparaître de nos églises et dans la gloire, pour nous montrer que l’attitude à revêtir est la même, et que les questions de dates ne sont pas fondamentales.

Tournons-nous chaque jour vers le Seigneur pour nous préparer à sa venue dans la gloire.

Abbé Henri Beaussant

Agir pour combler les manques

Agir pour combler les manques …– 20 janvier 2019

Ce « temps ordinaire » de l’Eglise ne nous invite pas seulement à replier les guirlandes, ranger nos cadeaux au fond du placard, trainer les pieds devant la grisaille d’un hiver finissant, profiter des soldes ou être accrochés aux images des manifestations du WE… Non, bien au contraire Jésus nous invite à multiplier les moments de fêtes avec lui, en lui, car Il est la vie, l’espérance, l’action.

Une période de routine?

Pour éviter d’y sombrer, il nous faut bien sur étudier et approfondir le message porté par Jésus, le décrypter afin d’agir en ce bas monde en vérité et en amour auprès de nos prochains, et vivre finalement simplement en Chrétien.

Comme ses disciples, nous pouvons vivre si nous le voulons, les manifestations de la Gloire de Dieu dans notre vie. Présentons-lui nos manques, nos peines, nos soucis en confiance et nous serons rassasiés, comblés, reboostés, vitaminés et capables d’envisager l’avenir avec un regard neuf, un cœur plus ouvert…

Allez de l’avant chaque jour ! 

En ces temps ordinaires de « grand débat national », que chaque Chrétien mette à profit cette période pour révéler les manques les plus flagrants, partager ses idées, ses réflexions, ses souhaits à la lumière d’une espérance révélée, et avant tout en portant la parole de celles et ceux, les plus démunis, les plus pauvres, les exclus, les migrants qui ont tant besoin de nous.

Notre société se portera mieux lorsque ceux qui sont au cœur du souci de Dieu seront eux-mêmes rassasiés, respectés, associés au destin commun.

Nous pouvons, nous devons comme Chrétiens, agir et porter ce message d’attention au plus petit en participant chacun selon ses possibilités au renouvellement du lien social si distendu, et source d’incompréhension, parfois de violence.

 Le règne de Jésus se réalise par la proximité et la tendresse – Pape François

Prenons part au débat avec cette exigence de l’attention à l’autre et d’abord aux plus faibles. C’est une condition pour faire de ce temps ordinaire un temps d’accomplissement de la parole de Dieu, un temps de partage, pour que cette belle fête de Noël que nous venons de vivre porte une espérance de vie, de paix et d’amour pour chacun et pour tous.

 

Sylvain Thibon, diacre permanent

Une nouvelle année, un nouveau départ avec Jésus-Christ

Une nouvelle année, un nouveau départ avec Jésus-Christ – 13 janvier 2019

Ce dimanche, nous célébrons le Baptême du Seigneur. Nous clôturons en même temps les célébrations des fêtes de Noël et nous entrons dans le temps ordinaire (1er dimanche C). Est-ce dire qu’il y a de l’ordinaire (dans le sens de ce qui n’a pas vraiment de valeur) et de festif dans le temps de l’Eglise ? Nullement. Chaque dimanche est une fête, une célébration de notre foi en la résurrection de notre Seigneur Jésus qui nous appelle à ressusciter avec Lui. Le « temps ordinaire » signifie en fait que Jésus entre dans l’ordinaire ou dans le quotidien-même de notre vie. Telle est d’ailleurs la raison pour laquelle Il s’est laissé baptiser par Jean.

« Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi … Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. »

Baptiser (du grec : baptízô) veut dire « plonger ». D’où le rite d’eau comme centre du Baptême. Baptisé, Jésus a plongé dans notre nature humaine, en chair et en os, afin de nous « plonger » ensuite dans la « vie » divine, en tant qu’enfants adoptifs de Dieu. La joie de Dieu notre Père est d’avoir beaucoup d’enfants. C’est en Jésus que cette joie se réalise. C’est ce qui L’a fait proclamer : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » Par la mission de Jésus, en effet, si le ciel s’est fermé suite au péché originel d’Adam et d’Eve, trompé par le diable, maintenant ce même ciel s’est à nouveau ouvert pour accueillir l’humanité. Pour nous y faire entrer, son Fils unique nous a envoyé un nouvel Esprit : l’Esprit-Saint. Nouvel, puisque de par notre nature humaine, nous avons déjà notre propre esprit humain.

Que ce début d’année 2019 soit alors pour nous le nouveau départ d’une vie renouvelée avec Jésus. Laissons-nous conduire vers le ciel par l’Esprit qu’Il nous a donné. Remettons entre ces mains notre vie. N’oublions pas qu’en se faisant chair, Jésus connaît notre malheur, notre souffrance, notre angoisse, etc. Il sait aussi notre joie et ce qui est bon pour nous. Il a plongé dans notre vie pour nous faire jouir d’ores et déjà du bonheur promu aux enfants de Dieu. Ce n’est pas seulement un bonheur au bout du chemin, c’est-à-dire après la mort, qu’il nous offre. C’est un bonheur que nous pouvons savourer déjà ici-bas (santé, sainteté, prospérité, richesse, etc.)

Enfin, que résonne toujours en nous le message de Noël : Dieu appelle tous les hommes sans exception à son salut d’adoption divine. A nous de collaborer avec Lui dans une mission d’amour. Le bonheur que Dieu nous offre est un bonheur à partager autour de nous : la joie issue d’un cœur ouvert à tous, qui arrache à l’égoïsme source de tout péché. C’est une ouverture qui fait de notre temps ordinaire un Noël sans fin.

Jean-Elysée Solofonirina

La première paroisse

La première paroisse – 06 janvier 2019

Sainte Marie et Saint Joseph cherchaient de la tranquillité au moment de la naissance de Jésus. C’est bien normal quand une maman va bientôt accoucher. S’ils l’ont trouvée au moment où Jésus est né, cela n’a pas dû durer bien longtemps. Déjà, dans le Ciel, tous les chœurs angéliques se sont mis à donner de la voix ! Ils ont averti les bergers des alentours qui n’ont pas attendu pour venir emplir la petite maison de Bethléem. Et aussitôt après, sont arrivés des Mages venus de loin ; ils n’étaient sûrement pas seuls, une nombreuse troupe de chameliers et serviteurs devaient les accompagner. Sainte Anne et Saint Joachim sont-ils venus eux aussi ? Ce n’est pas impossible ; quels grands parents ne se déplaceraient pas pour voir leur petit enfant ?

La Crèche de Bethléem, c’est la première paroisse de l’histoire ! N’est-ce pas ce que nous vivons et que nous voudrions vivre nous aussi ? Accueillir la présence du Seigneur comme Sainte Marie et Saint Joseph, le contempler et l’adorer, et le chanter avec les anges du Ciel. Partager notre joie avec ceux qui habitent à l’entour (c’est le sens du mot paroisse : « ceux qui habitent à côté »). Et enfin accueillir ceux qui sont les plus éloignés, leur faire connaître la venue du Seigneur en notre chair.

Les vœux que je formule en ce début d’année sont bien ceux que nous inspirent la crèche de Bethléem, et que formulent les trois lectures de ce dimanche : « Frères, vous avez appris, je pense, en quoi consiste la grâce que Dieu m’a donnée pour vous ». Voici la grâce que Dieu nous a donnée : « Debout, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi ». Cette lumière, nous pouvons la contempler : « Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui ». Soyons des contemplatifs. Prenons le temps de mieux connaître le Seigneur, de nous nourrir de sa Parole et de son eucharistie, et de l’adorer !

Ayant contemplé le Seigneur Jésus, Dieu présent, nous pouvons lever les yeux : « Lève les yeux alentour, et regarde : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ». Ils sont nombreux, ceux qui comme les Mages, ne demandent qu’à venir se réjouir de la lumière révélée. Réjouissons-nous des nombreux catéchumènes de la paroisse. Mais il y en a d’autres ! Soyons accueillants et soyons missionnaires ! Nous pourrons alors faire nôtres les paroles adressées à Jérusalem : « Alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera », car aimer Dieu et grandir dans l’amour fraternel au sein de notre paroisse, mais aussi au-delà, cela dilate le cœur.

Bonne et sainte année !

Père Henri de l’Eprevier

Empressement et allégresse

Empressement et allégresse – 23 décembre 2018

Ce 4ème dimanche de l’Avent aura à peine le temps de nous introduire dans la dernière semaine de préparation à Noël puisque dès lundi soir nous célébrerons la naissance du Sauveur, entrant de plein pied dans le mystère de l’Incarnation : Dieu s’est fait homme, le Verbe se fait chair, il est avec nous sur la terre. Nous n’ignorons pas la profondeur de ce mystère, mais d’années en années nous répétons les mêmes rites liturgiques ou sociaux : le sapin, la crèche, les vœux, les chocolats, les cadeaux, les bons repas, dindes ou foie gras, truffes et champagne … bref nous n’arrêtons pas ! Seulement comment nous préparons nous dans la dernière ligne droite ? Nous y sommes. Des courses certes, des soucis logistiques très probablement, des choses indispensables mais absolument pas essentielles certainement, mais intérieurement où en sommes-nous ?  Notre cœur, notre attente ? Sommes-nous pressés de festoyer ou d’accueillir le Sauveur ? Empressés de répondre à des conventions sociales, ou de méditer devant l’immensité de ce mystère d’amour ? De découvrir nos cadeaux au pied du sapin, ou de recevoir le don de Dieu dans une humble crèche ? Dieu nous rejoint ! Sans crainte célébrons-le et fêtons-le, mais que la démesure de nos fêtes et l’intrépidité de nos mondanités, n’écrasent pas l’infinité du mystère et l’empressement intérieur de rencontrer le Seigneur. Comme Jean Baptiste encore dans le sein de mère, savait détecter la présence du Sauveur lorsque sa Mère, venue avec empressement secourir sa cousine dite la femme stérile, vint en hâte.

Cet empressement de Marie, à vouloir aider, seconder Elisabeth, tandis qu’elle vient d’apprendre son état, dévoile le cœur de la Vierge, plus préoccupée de son entourage que de sa situation. A peine répond-elle à sa vocation de Mère du Verbe, qu’elle part en hâte assister celle qui depuis 6 mois se réjouit secrètement de son état.

Un empressement de Marie qui suscite une allégresse de Jean Baptiste encore caché mais bien réelle et efficace. D’où ce cri merveilleux révélant la foi d’Elisabeth : comment ai-je cet honneur ? Effectivement qui sommes-nous pour que Dieu vienne nous visiter et nous sauver ?

Une naissance, dont nous retrouvons les fruits et la beauté dans chaque Eucharistie, lorsque Dieu se rend présent. Avec empressement venons le rencontrer et soyons dans l’allégresse de le recevoir, et de le partager avec notre entourage. N’oublions pas en ces jours de fêtes, ceux qui les passeront douloureusement, les malades, les personnes isolées, les familles blessées. Le Seigneur vient !

Abbé Guillaume Seguin

Le Seigneur console et guérit

Le Seigneur console et guérit – 16 décembre 2018

            « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu, parlez au cœur de Jérusalem et criez lui que son service est accompli, que sa faute est expiée, (…) ».

            Cette parole est tirée du chapitre 40 du livre d’Isaïe qui est abondamment citée durant cet Avent. Elle est prononcée durant une période douloureuse pour le peuple d’Israël, lorsqu’il fut chassé de sa terre et condamné à l’exil ; elle agit comme une réconciliation entre le peuple et son Seigneur en dévoilant le vrai visage de Dieu. Il en est de même pour nous en ce temps d’Avent. Nous ne nous préparons pas à fêter comme chaque année la naissance de Dieu, mais nous sommes appelés, travaillés par une année de plus passée à ses côtés, à distinguer plus précisément les traits du visage de notre Dieu. Cet Avent 2018 est unique et ne ressemble à aucun de ceux que nous avons vécus ou vivrons.

            À l’écoute de ce passage, nous redécouvrons que cette voix qui porte la bonne nouvelle divine, n’apporte pas un jugement ou une désolation mais la consolation même dans les situations les plus difficiles que nous pourrions traverser à l’instar du peuple hébreu. Dieu se révèle vulnérable et proche du peuple des hommes qu’il rejoint dans leurs fragilités.

            Cette consolation divine fait exploser toutes les images humaines que nous en avons. Elle n’est pas une consolation affective, comme un mot ou un geste humain qui apaise mais n’ont pas le pouvoir de guérir. La consolation divine est une consolation transformante et vivifiante : elle vient saisir notre toutes les dimensions de notre être et rendre la vie à ce qui était en train de mourir.  Elle rend de nouveau praticable le chemin devenu impraticable entre Dieu et les hommes. Cette consolation n’est pas un calmant pour l’homme mais c’est une promesse déjà réalisée dans l’incarnation de Jésus. En naissant et en ressuscitant, le Fils de Dieu ne se contente pas de paroles consolatrices mais il réalise ce qu’il dit : il est action de Dieu dans le monde. Il le vit et l’expose au monde sur la croix, lieu de consolation par excellence de l’humanité. Là le Christ vainc la mort et incarne les paroles bibliques que prononce Isaïe.

            Accueillons cette consolation qui porte le nom de Jésus-Christ, et qui inlassablement s’offre à l’homme pour venir le visiter à l’intime de son être, afin de réellement le consoler et le guérir. Amen.

Abbé Henri Beaussant +