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Solidaire les uns des autres

Solidaire les uns des autres – 14 avril 2019

Le Christ en entrant dans sa passion, résumé de toute sa vie,  prend le péché de toute l’humanité sur ses épaules, et il nous empêche de nous dérober face à cette réalité de nos vies. Il nous pousse à ne pas utiliser de subterfuges d’évitement face à cette question sensible, ce qui nous permettrait d’acheter notre tranquillité. Le mal existe et frappe nos vies sans logique et l’Evangile nous contraint à ne pas faire de lien direct entre notre méchanceté et le malheur. Il n’existe pas sur cette terre de lien direct et unilatéral de cause à effet entre nos actes et ce que nous avons à souffrir.

Jésus nous pousse à opérer un déplacement de notre regard afin d’intérioriser que s’il existe un lien entre le mal et la souffrance, c’est au sein d’un ensemble plus grand que notre petite personne. Le mal que je commets ne m’affecte pas seulement, mais il vient blesser toute l’humanité à laquelle je suis liée ; De la même manière, le mal que commet autrui me touche. Toute destinée est à la fois personnelle et solidaire des autres.

Nous sommes des personnes, des êtres en relation les uns avec les autres. Il est illusoire de penser que nous pouvons vivre sans être affecté, dérangé, touché par les autres. Vouloir ceci c’est mourir car l’amour auquel toutes nos relations nous appellent implique d’être touché par les autres.

Cette solidarité dans le mal que nous pointe l’Evangile n’est pas culpabilisation de l’homme. C’est un encouragement à faire le bien dans chaque recoin de notre vie. Le Christ nous redit : « revenez à Dieu de tout votre cœur », car si nous sommes tous solidaires dans le mal, nous le sommes  combien plus dans l’exercice du bien. Choisir l’amour par-dessus tout et dans chacun de nos actes c’est croire en la force transformante du bien. C’est croire que le Christ peut changer le monde malgré ce que nous en percevons. En entrant dans cette dynamique, nous croyons que le sourire offert à notre fils, le bras tendu à une personne âgée descendant les marches, sont des actes qui soulèvent le monde et font grandir le royaume de Dieu. Choisir le bien n’est jamais neutre et seulement lié à notre personne car, quand nous le préférons à tout, le Christ naît dans notre vie et dans celle des autres.

Demandons au Seigneur, en cette entrée à Jérusalem, de nous donner un regard qui espère dans la puissance de son amour capable de transformer le monde et de faire triompher le bien.

Abbé Henri Beaussant +

Tourne-toi vers l’avenir

Tourne-toi vers l’avenir ! – 7 avril 2018

L’avenir avant tout : c’est la liturgie de ce 5eme dimanche de Carême!

Oui, chers frères et sœurs, nous devons avancer, cheminer comme des Chrétiens engagés et responsables, nous devons résolument nous tourner vers l’avenir et ne pas ruminer en permanence le passé, perclus de nos erreurs, de nos fautes qui nous rongent, obscurcissant notre horizon, entravant notre liberté d’agir, de prier, d’aimer.

Nous Chrétiens,  savons pourquoi nous cheminons. Notre faiblesse serait de succomber aux grandes et aux petites turpitudes de ce monde blessé par tant de péchés et de fureur, de se résigner, d’abandonner la partie, de fuir. L’Église sait affronter les tempêtes, elle peut être forte quand le vent gronde et que l’orage menace. Allons-nous abandonner le navire alors que tant de bienfaits, tant d’actions salvatrices, tant de bonté s’y réalisent et d’abord auprès des plus démunis, des plus petits, des exclus ?

Bien sûr que non ! Mais pour cela, il faut nous mobiliser, relever les défis d’aujourd’hui et travailler en profondeur au projet d’une Eglise rénovée, d’une Eglise redressée, d’une Eglise qui doit s’affirmer comme une lumière dans un monde qui doute parce qu’il ne croit plus, un monde où les égoïsmes se renforcent, où partout, des barrières se dressent, pour nous diviser plutôt que de nous rassembler dans l’amour du Christ! Cette Eglise, le monde en a besoin, il la réclame. C’est l’Eglise du salut, du pardon, de la paix, de l’espoir, de l’appel à la sainteté.

La parabole de la femme adultère…

Lorsque Jésus est interpellé par les Pharisiens, que lui demandent-t-ils ? Qu’il s’appuie sur la Loi de Moïse pour juger et condamner cette femme. Cette manipulation grossière ne trompera personne. D’abord Jésus relève qu’eux-mêmes ne respectent pas la Loi puisque dans ce cas, la peine capitale devait s’appliquer aux 2 complices ! Ensuite, après avoir tracé sur le sol quelques lignes, il aura cette réponse fabuleuse : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre »

 La première pierre… qui suis-je pour juger l’autre?

Cette femme a certainement péché, mais le cœur de ses accusateurs est-il si pur qu’ils puissent exiger sa lapidation ? Face à face, seul avec elle, Jésus dira  « où sont-ils donc ?  Personne ne t’a condamnée, moi non plus je ne te condamne pas, va et désormais ne pèche plus » !

Relève-toi, marche vers ton avenir, vers le salut ! Quel message pour nous, pour notre monde, pour notre Eglise !

Oui, tout est avenir avec le Christ. Allégeons-nous des lourds fardeaux qui nous retiennent comme les chaînes retenaient les forçats sur les galères ! Libérons nos âmes des entraves du passé, allons à l’essentiel dans l’espérance de la Résurrection avec la grâce de l’Esprit Saint. Unifions notre cœur, notre corps, notre esprit dans l’Eglise et pour l’Eglise.

Ne restons pas empêtrés, avançons en confiance sur le chemin qui nous mène vers la joie de Pâque !

Messe à Rabat: le Pape invite à dépasser les tentations de haine, à se redécouvrir frères www.vaticannews.va/fr/pape/news/2019-03/messe-stade-rabat-papmar.html

Au Maroc, une Église discrète mais active

www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2019-03/au-maroc-une-eglise-peu-visible-mais-active-papmar.html

Sylvain Thibon, Diacre permanent

Sainteté de l’Eglise

Sainteté de l’Eglise – 31 mars 2019

« Convertissez-vous et croyez à l’Evangile ». Ces paroles prononcées pendant l’imposition des cendres nous accompagnent tout au long du Carême. Répondant à l’appel du Christ, nous ouvrons nos yeux sur notre vie, et nous ouvrons notre cœur à la miséricorde du Père. La parabole du fils prodigue est emblématique de cette démarche : « Je me lèverai et j’irai vers mon Père ».

On s’attache avec raison à la démarche du fils qui, se retrouvant seul dans un pays lointain après avoir vécu dans l’inconduite, se relève pour retourner vers la maison de son père. On prête moins attention à la scène qui conclue la parabole. Une fête est organisée pour le fils : « il était mort, et il est revenu à la vie ». Son retour est une résurrection ! Les Pères de l’Eglise voient dans cette fête une image de l’Eglise qui accueille l’humanité sauvée. Le père de la parabole donne à son fils une robe et met un anneau à son doigt. « La robe est le vêtement de la sagesse : les Apôtres en couvrent la nudité du corps » écrit Saint Ambroise. Le jour de notre baptême, nous avons été revêtus d’une aube, signe de notre nouvelle condition. Le Saint évêque de Milan poursuit : « L’anneau est-il autre chose que le sceau d’une foi sincère et l’empreinte de la vérité ? ». Mais il y a aussi la musique : « Dans la fête que l’on prépare, écrit Benoît XVI, les Pères voient l’image de la fête de la foi, la célébration de l’Eucharistie qui anticipe le repas éternel. (…). Le fils aîné, en rentrant chez lui, entend « une symphonie et des chœurs » : pour les Pères, c’est à nouveau une image de la symphonie de la foi, qui fait de l’existence chrétienne une joie et une fête ».

Ainsi, la joie est une caractéristique essentielle de l’Eglise. Elle vient de la « symphonie de la foi ». Elle découle de l’amour que le Père manifeste en accueillant son fils. Elle est liée à l’espérance que donne la réconciliation. Avant la parabole du fils prodigue, Jésus prononce deux courtes paraboles qu’il conclue ainsi : « il y a plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, que pour des justes qui n’ont pas besoin de conversion ».

La fête exprime la sainteté de l’Eglise. L’Eglise est sainte, comme nous le disons dans le Credo. Sa sainteté vient du Christ, dont elle est le corps, et de l’Esprit Saint qui la vivifie. Elle est communiquée à une humanité marquée par le mal, mais renouvelée par la Pâque du Seigneur. L’Eglise est sainte ; sa sainteté se manifeste dans le fait qu’elle accueille des hommes pécheurs, en ne les figeant pas dans leur faute, mais en les purifiant par le pardon. L’Eglise est composée non pas de ceux qui estiment n’avoir rien à se reprocher, mais de ceux qui, font courageusement la vérité dans leur propre vie – pas dans celle des autres ! –, et qui ont foi dans la puissance de la Croix, ceux dont l’Apocalypse dit : « ils ont lavé leur robe dans le sang de l’agneau ».

Levons-nous comme le fils prodigue, allons vers le Père, pour être revêtus de la robe de fête et participer à la joie du Royaume.

Henri de l’Eprevier

Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même

Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même– 24 mars 2019

Est-ce une menace que Jésus nous fait là ? – Non, un avertissement. Une menace fait peur en nous mettant face à une condamnation irrévocable. Dans son avertissement, Jésus nous donne une chance d’être sauvé. Il nous ouvre à la vie et non à la mort.

La Parole de Dieu de ce troisième dimanche du Carême nous montre à quel point notre Dieu nous aime. Dans le Livre de l’Exode, Il parle à Moïse dans le buisson ardent. Il se présente sous l’aspect d’un feu : « Je suis qui je suis », le feu de l’Amour en personne qui brûle et cependant ne détruit pas. Ce feu est une Personne, un Père qui nous aime, un Père attentionné, attentif à notre détresse. Dans l’Evangile de saint Luc, Jésus est la « patience de Dieu ». Tout comme le vigneron qui va œuvrer pour que le figuier produise du fruit comme la vigne, « la patience de Dieu » travaille pour que chacun de nous ne se perde mais ait la chance de produire du bon fruit et soit sauvé. Il faut savoir aussi que ce n’est pas une seule ou une autre chance que Dieu nous donne. Il nous offre des chances pour nous sauver. Chaque matin qui se lève est une occasion de salut. Même après la mort, le Purgatoire est une dernière chance pour l’homme de se rattraper.

De ce fait, quand Jésus dit : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même » cela veut dire que ce n’est pas le péché, en soi, qui nous ferait périr. En effet, tout le monde est pécheur par nature. C’est plutôt le refus de saisir cette chance : le refus de nous convertir. Jésus nous appelle à la conversion, la voie qui ouvre à la Vie.

En ce temps favorable du Carême, Dieu nous lance sans relâche un appel : « Si le méchant se détourne de tous les péchés qu’il a commis, c’est certain, il vivra, il ne mourra pas. Prendrais-je donc plaisir à la mort du méchant » (cf.- Ezéchiel 18, 21) Dieu nous tend la main. Il ne nous force pas la main. Il attend notre conversion. Il fait par contre le premier pas. A nous, à notre tour, d’y répondre favorablement en prenant sa main tendue.

Ainsi, par exemple, dans la Confession, on ne se confesse pas pour être aimé de Dieu. On se confesse parce que Dieu nous aime en premier. Se confesser n’est pas seulement énumérer les péchés pour alléger la conscience. C’est se laisser interpeller par son amour et entrer dans la vie qu’Il nous offre avec un cœur qui a la volonté de se convertir. C’est une célébration de l’amour de Dieu qui nous attend. Pourquoi alors ne pas commencer par ce Sacrement d’Amour comme nouveau départ et transformer ensuite notre vie en une conversion permanente sur un chemin d’Amour ?

A la « patience de Dieu », communions par notre patience dans la conversion continue.

Jean-Elysée Solofonirina

Pierre est pétrifié

Pierre est pétrifié – 17 mars 2019

Comment ne pas remarquer la stupeur avec laquelle, Pierre, Jacques et Jean ont dû vivre ce moment éblouissant de la Transfiguration du Seigneur ? Voilà qu’à l’issue d’une ascension, à la fois fatigante et insolite, sur une haute montagne, ayant été sélectionnés parmi les autres, ils assistent à une manifestation divine, qui leur réclame de bien écouter, Le Fils bien aimé illuminé. Les signes ne trompent pas, et nos marcheurs décodent parfaitement qu’ils sont en présence de Dieu, puisque Pierre propose comme spontanément et tout naturellement de dresser trois tentes pour demeurer ici, avec leurs compagnons de l’Ancien Testament qui les ont rejoints, on se sait comment. Alors, comme ce fut le cas lorsque Dieu était présent au milieu de son peuple dans la tente du rendez-vous, signalée par la colonne de feu la nuit ou la nuée, le jour, ils envisagent des toiles pour demeurer. La présence comme normale de Moïse et d’Elie ne semblent pas plus troubler nos apôtres, cependant accablés de sommeil … le même sommeil mystérieux qui tomba sur Abram, et jadis sur Adam, grâce auquel, Dieu lui-même agit pour l’Homme et établit l’Alliance.

Serions-nous, nous aussi, accablés de sommeil ou de soucis, comme pétrifiés par les événements, et l’actualité, de telle sorte qu’au beau milieu de ces conditions hostiles, ou contraires, ce serait toujours Dieu à la manœuvre ? Lui sur qui nous pouvons nous appuyer. Saint Paul le sait sans aucune hésitation, et il peut l’enseigner aux Philippiens : « Nous avons notre citoyenneté dans les cieux » … « alors tenez bon dans le Seigneur » ! Quelle belle manière de comprendre qu’en étant dans le monde, nous ne sommes pas du monde. Une force incroyable nous habite dans notre faiblesse, la sainteté peut jaillir du péché, la vie de la mort, la lumière des ténèbres, le pardon de la faute, la liberté de l’esclavage, l’espérance du désespoir … Il nous faut alors accepter d’être « fatigués » ou pétrifiés, sans perdre pied, en demeurant sous la tente (le tabernacle en latin), au pied de la présence du Christ dans l’Eucharistie, pour l’écouter. Imaginez le rayonnement de notre vie depuis que le Seigneur, non seulement a été transfiguré, mais surtout est ressuscité ! Comment par notre baptême pourrions-nous, devons-nous en être les témoins, au quotidien ?

Abbé Guillaume Seguin

Le Christ Maître

Le Christ Maître – 10 mars 2019

Jésus si révèle souvent comme un maître dans les évangiles. Loin de tenir ses disciples sous sa coupe par une renommée et une aura dont il est  entouré, il respecte la liberté de ceux qu’il appelle à le suivre. Il suscite la réponse de Pierre et des autres disciples. Ses appels n’enchainent pas la liberté des disciples à sa personne, mais il ouvre vers une vie plus grande et abondante dont la quantité de poisson est le signe.

Pierre et les autres sont poussés à s’appuyer sur la parole du Christ-Maître. Ainsi peut se révéler la fécondité de la parole de Jésus. Il nous révèle le rôle d’un maître : faire naître du cœur de son disciple la vie en surabondance. Bien qu’il soit à même de mieux faire les choses que ses disciples, le Christ ne fait pas à la place de ses apôtres, mais il suscite de ceux qui écoutent sa parole une fécondité insoupçonnée par eux. Seuls, ils reviennent les mains vides ; sur la parole du Christ, ils croulent sous la quantité de poisson.

La puissance de Jésus comme maître et Seigneur se révèle dans une grande discrétion. Il ne se met pas en scène, il n’étale pas son savoir par une grande argumentation et de grands gestes : il dit et s’efface. A travers ces deux phrases, il laisse libres les disciples de lui faire confiance et de s’engager. Il existe un moment pour tout et le temps de l’appel n’est pas le même pour tous. La Parole du Christ est aujourd’hui efficace pour Pierre mais le temps de la Samaritaine, de Matthieu n’est pas encore venu.

C’est par une Parole qui suscite mais ne s’impose pas que le Christ façonne ses disciples. C’est en impulsant un élan en leurs cœurs qu’il en fera des pêcheurs d’hommes jusqu’aux extrémités de la terre. Le Seigneur, bon maître de vie, n’asphyxie pas son disciple sous sa maîtrise manifeste, il parle pour permettre au disciple de s’engager librement à sa suite, et fait jaillir des mains humaines de celui qui lui a fait confiance une moisson divine bien au-delà des espérances humaines.

Malgré la difficulté que nous éprouvons à suivre l’exemple du Christ dans l’exercice de son autorité car souvent nous ne supportons pas que les autres résistent à nos demandes, demandons au Maître la grâce de susciter et de nous effacer pour faire naître à la vie de Dieu ceux que nous côtoyons.

Abbé Henri Beaussant

Insupportable violence !

Insupportable violence ! – 24 février 2019

La violence se banaliserait-elle ? Peut-on comme Chrétiens s’en désoler sans réagir ? C’est une question que l’on doit se poser au regard des évènements qui se succèdent en France et dans le monde.

Comme le rappelle Mgr de Sinéty dans son Edito hebdomadaire sur RCF, « La violence est toujours le signe d’une agonie : c’est quand on ne sait plus ni parler ni penser que l’on se met à menacer et à casser. » https://bit.ly/2tuEys0

Retrouver le sens du spirituel

Lorsque l’on s’attaque à nos frères Juifs, lorsque l’on dégrade un lieu de culte ou un cimetière, lorsque l’on casse ou que l’on agresse dans la rue, c’est au fond, le constat alarmant d’une déliquescence de notre spiritualité qui s’exprime là sous nos yeux.

Nos églises se vident, la violence se développe…

N’y aurait-il pas un lien de cause à effet ? Lorsque le consumérisme consume l’homme au détriment du spirituel, alors tout dérape !

Nous ressentons que quelque chose ne va pas bien dans notre environnement, que notre monde ne tourne plus rond. Cela révèle une profonde cassure relationnelle entre les hommes, une incapacité à discerner, mais aussi un lien rompu des hommes avec le Créateur.

Le Pape François nous rappelle, dans cette très belle lettre Encyclique « Laudato Si » que tout est lié, tout est interdépendant. L’écologie intégrale évoquée dans cet ouvrage vient nous rappeler combien la préservation de notre terre commune est une condition de notre capacité à vivre ensemble en paix et en harmonie, avec soi-même et avec chacun.

 Nous ne sommes pas Dieu !

Retrouver le sens de la relation avec Dieu, avec son prochain, avec la terre …

L’harmonie entre le Créateur, l’humanité et l’ensemble de la création a été abimée par le fait d’avoir prétendu prendre la place de Dieu et en refusant de nous considérer comme des créatures limitées…

Tout se dérèglerait parce que l’homme n’aurait qu’un objectif : accumuler toujours plus de biens matériels, avec pour seul horizon sa propre personne au détriment du prochain, du collectif… et de son état spirituel !

Travailler au bien commun…

La tâche peut paraitre immense et insurmontable alors que les catastrophes se succèdent et que les mauvaises nouvelles s’accumulent.

 Pas pour nous, Chrétiens, car nous savons que de la plus petite graine de moutarde peut naître un arbre. Cette petite graine, nous en sommes tous dépositaires. Soyons volontaires pour la faire fructifier, comme dans l’évangile d’aujourd’hui lorsque Jésus fait un sort à l’esprit de vengeance et de violence pour effectuer un pas de paix vers l’autre, « Soyez miséricordieux comme votre Père » !

Seul un message de paix et d’amour sera capable de transcender nos peurs, nos divergences, nos violences.

En s’appuyant sur l’Evangile, soyons plus présents dans notre société pour porter et partager ce message d’optimisme et d’espérance.

Les lieux dans l’Eglise ne manquent pas pour réfléchir et agir, être au cœur de l’action.

Sylvain Thibon, Diacre permanent

Sommes-nous curieux ?

Sommes-nous curieux ? – 17 février 2019

En général, on demande à quelqu’un que l’on trouve trop curieux de ne pas s’occuper de ce qui ne le regarde pas. Mais il y a des choses au sujet desquelles on est heureux de trouver des gens curieux. La curiosité peut être une vertu. Il est beau et bon de s’intéresser à ce qui en vaut vraiment la peine, de vouloir en savoir davantage, et tout simplement d’être capable de s’émerveiller.

Si nous réalisions la chance qui est la nôtre de pouvoir participer chaque dimanche à la messe ! Sûrement est-ce déjà le cas. Il se peut que de dimanche en dimanche, nous ayons le sentiment d’une certaine monotonie, et pourtant, nous devrions ne jamais nous habituer complètement, et voir venir ce jour comme le sommet de toute notre semaine. L’eucharistie n’est-elle pas la « source et le sommet de toute la vie chrétienne », selon les termes du Concile de Vatican II ? A chaque messe nous entendons un passage de l’Evangile – aujourd’hui, les Béatitudes – ; savons-nous goûter à leur juste mesure ces paroles éblouissantes du Christ ? A chaque messe, en nous reconnaissant sincèrement pécheur, nous entendons le prêtre nous dire « que Dieu tout puissant nous fasse miséricorde, qu’il nous pardonne tous nos péchés et nous conduise à la vie éternelle ». A chaque messe, nous entendons ces paroles si étonnantes et si belles : « Ceci est mon corps, livré pour vous », « ceci est mon sang, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle, versé pour vous et pour les multitudes »… A chaque messe, c’est le Ciel qui s’approche de la terre, et c’est la terre qui est unie au Ciel ! « Si tu savais le don de Dieu » dit Jésus à la Samaritaine. Elle a soudain réalisé le sens de ses paroles, et elle est partie aussitôt chercher les habitants de son village pour qu’à leur tour ils viennent rencontrer Jésus.

Ce n’est pas seulement la célébration de la messe, c’est toute la journée du dimanche qui est un « temps consacré au Seigneur » selon les termes de la Bible. Chaque dimanche e st un jour de fête, un temps privilégié pour célébrer le Christ ressuscité, par la prière, par le repos, et par une plus grande attention portée les uns aux autres.

Nous avons parlé lors de notre pèlerinage de rentrée à Longpont d’une « culture de l’invitation. Aussi, nous vous proposons, avec le Conseil Pastoral, un « dimanche des curieux ». Ce sera le dimanche 17 mars. C’est très simple : vous avez la mission d’inviter une ou deux personnes que vous connaissez, un voisin d’immeuble ou une connaissance, et qui n’est pas venu depuis longtemps à la messe paroissiale ou qui n’ose pas venir, qui en a perdu l’habitude ou le goût, qui a peut-être tout simplement perdu le chemin ! Il ne suffit pas de l’inviter, vous aurez aussi à l’accueillir ce dimanche et à l’accompagner pendant la messe. A l’issue de la messe, nous nous retrouverons tous ensemble, avec tous les « curieux » que vous aurez fait venir, pour un apéritif, un repas partagé et un temps de découverte de la paroisse.

Le Christ invite largement, sachons relayer son appel !

Père Henri de l’Eprevier, curé

Soyez sans crainte… Avancez au large !

Soyez sans crainte… Avancez au large ! -10 février 2019

« Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? » Le premier reflexe de l’appelé est souvent l’hésitation : serai-je à la hauteur ? Est-ce que je mérite cet appel ? Plus d’un s’angoisse devant l’appel du Seigneur et cherche une échappatoire pour ne pas y répondre : Isaïe répondait par la fragilité de l’homme, Pierre par sa faiblesse-même et Paul, « l’avorton », il était le persécuteur par excellence de la foi.

Cette hésitation peut avoir aussi pour origine l’idée qu’on se fait de Dieu : un Dieu terrifiant. Dans la première lecture, ce dimanche, Dieu apparait dans sa majesté et dans sa transcendance. Isaïe, éprouvait de la terreur : Dieu est tellement transcendant que l’homme ne peut pas tenir devant lui. Cependant, à travers l’Evangile de saint Luc, Jésus présente le visage d’un Dieu transcendant devenu l’un de nous, proche de nous qui sommes pécheurs représentés par Pierre. Quoi de plus grand amour que cet abaissement (Kenose) ? Il est si proche au point qu’il veut nous intégrer dans son unité divine (Dieu-Trinité). Quand Jésus rencontrait, en effet, Saul sur la route de Damas, il a exprimé cette volonté : « pourquoi me persécutes-tu ! » lui disait-Il, au lieu de « pourquoi persécutes-tu mes disciples ». C’est pour dire qu’Il forme un seul Corps avec ces derniers. Comment répondre alors à l’appel ?

A l’exemple de Pierre, il nous faut d’abord laisser Jésus entrer dans notre barque, c’est-à-dire dans notre vie au quotidien. Mettons-la à sa disposition avec sa précarité, son désespoir, ses échecs, mais aussi avec ses humbles joies. Soyons attentifs à son enseignement, surtout à sa Parole qui nous dit : « Avance au large,… Sois sans crainte ». Lâchons prise. Laissons-Le transformer notre vie.

Il nous faut ensuite nous laisser inviter à la mission : « désormais ce sont des hommes que tu prendras ». C’est la « mission du filet ». Une mission de rassemblement des hommes dans la communion au Corps du Christ, à l’image du filet qui rassemble tous les genres de poisson sans exception. Ce n’est pas comme la pêche à la ligne, un simple loisir qui ne prend qu’une quantité limitée et sélectionnée de poisson. Luc met l’accent sur l’exigence de la communion ou de la solidarité dans cette mission. Pierre a appelé les autres pêcheurs pour l’aider à tirer le filet, sur le point de craquer. C’est pour signifier que la mission est une mission de communier dans la communion. Il faut se serrer les coudes pour l’avènement d’un monde nouveau : un monde d’amour.

Enfin, à la question : Est-ce que je mérite cet appel ? –La réponse est « Evidemment !» Dieu nous appelle tels que nous sommes, sinon Il enverrait des anges. Ce serait plus facile. A son appel, entrons dans notre barque et avançons au large : « Me voici : envoie-moi ! ». N’attendons pas d’être parfait pour partir en mission sinon, nous ne nous lancerons jamais. C’est lui-même qui nous purifiera au fil de la mission.

Jean-Elysée Solofonirina

La vérité sans démagogie

La vérité sans démagogie – 03 février 2019

Manifestement le Christ n’est pas un tacticien qui calcule le meilleur moyen de briller aux yeux de ses contemporains, même s’ils sont fascinés par ses propos, presque envoûtés. Il a le courage de la vérité tout en sachant les conséquences de ses futures paroles. Il ose la parole qui bouscule parce qu’elle est vraie et inévitablement charitable. Il dit paisiblement et sans démagogie la vérité.

Un communicant l’en aurait déconseillé et l’esprit séculier de notre époque dissuadé ! Il ne faut pas brusquer, cliver, diviser, trancher, plutôt vivre « l’unité dans la diversité », « le consensus dans nos différences » … et pourtant le Christ dit sans ménagement ce qu’il sait, en anticipant même sur les propos probables de son auditoire, et ce, jusqu’au prix du sang. Par charité il ose dire la vérité, et bouscule pour les changer ceux qui viennent l’écouter et l’admirer sans rien changer … De leur temps ils avaient pour circonstances atténuantes, le principe de nouveauté, et aujourd’hui nous pourrions dire que nous avons celui de l’ancienneté ! Nous savons tout ça et ce n’est pas la première fois que nous entendons ce passage de l’évangile … mais que change-t-il en nous ? Serions-nous comme les familiers du Seigneur, tellement habitués à le rencontrer, à le croiser, à le fréquenter, à communier, que nous en serions comme bouchés, anesthésiés ? Installés dans nos principes, ou nos « valeurs », accommodés de quelques arrangements personnels pour préserver l’incompatible avec l’évangile, et surtout ne rien changer à nos vies ?

Face à la dictature du relativisme, ou l’esclavage du « qu’en dira-t-on ? » nous devons avoir le courage de la vérité qui s’appuie sur la charité. Tout comme la charité ne va pas sans la vérité ! Intraitables dans les principes et toujours respectueux des personnes. Ne cessons pas de dénoncer le mal, même si nous sommes vilipendés ; le mal est mal, même si la majorité le pratique ou le considère comme normal, et le bien est bien même s’il est ridiculisé … Connaissant le « Dieu d’amour » et annonçant la « civilisation de l’amour » nous devons en vivre en combattant notre paresse spirituelle, et en témoigner au quotidien avec solidité, sans oublier que justice et vérité sont deux jumelles inséparables. La charité ne peut servir de prétexte à la bêtise, ou la mollesse. En revanche la charité désordonnée, contrairement à l’objectivité, c’est à dire à la vérité du Christ, de l’Evangile et de l’Eglise, conduira dans l’erreur et sous couvert de correspondre aux aspirations du « monde » ou du siècle, nous fera perdre la saveur de la foi. Clairvoyance, courage, humilité, force et douceur doivent nous permettre de vivre la vérité, sans démagogie et avec charité.

Abbé Guillaume Seguin