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Fidélité et éternité s’embrasent

Fidélité et éternité s’embrasent ! – 22 septembre 2019

Au-delà du sujet de l’argent, toujours délicat, et provocant beaucoup de susceptibilité, le Seigneur utilise la parabole de ce dimanche (Luc 36, 1-13) non pas tellement pour faire réfléchir sur la pauvreté, mais pour mettre en valeur le lien de fidélité qui nous unit à Dieu, et qui nous fait vivre. Le cœur de son enseignement est la relation établit entre le Maître et son gérant, de la même manière que nous devons réfléchir à notre relation entre Dieu et chacun de nous. Qu’avons-nous que nous n’ayons reçu ? A commencer par la Vie, et reconnaissons que ce don est gratuit ! Nous recevons la Vie par grâce, et le mystère de notre identité, qui est sacrée, va se déployer dans le temps, si nous gérons correctement notre quotidien en usant de notre liberté vers le bien et dans le vrai … selon le cœur de Dieu, notre Maître aimant, donc donnant. L’enjeux étant tout simplement notre bonheur, notre accomplissement et l’éternité !

C’est pourquoi les deux qualités mises en valeur par le Seigneur sont la lucidité, et l’habileté du gérant malhonnête. Lumière et bonté dans l’action, sans oublier qu’il existe une source gratuite qui imprime l’homme agissant. Nous les hommes, nous avons à reconnaitre cette origine qui marque de façon indélébile notre être. Puis nous devons nous déployer, grandir, agir, en gérant notre vie, selon cette gratuité, mais aussi avec efficacité, pour participer à la fécondité de la vie, jusqu’à entrer un jour dans l’éternité. Ce mouvement étant l’amour dont nous sommes indéfectiblement marqués. Sinon, nous risquerions de croire par orgueil, que nous sommes la référence, et même parfois la source. D’où le relativisme ambiant, où chacun y va de « sa » vérité, et justifie ses actes selon ses émotions, et ses intentions … mais n’y a t-il pas un Auteur, un Créateur, un plan, un projet, une promesse et une alliance avant nous et avec nous ?

C’est justement là que va s’introduire la nécessité de la fidélité : non pas une vertu statique qui nous interdirait de nous éloigner, ou d’être infidèles, mais un mouvement dynamique qui nous pousse à inventer, à participer dans le déploiement du temps, des actes conformes à notre être, reçu gratuitement, et appelé à se donner, pour nous réaliser, et porter des fruits, jusque dans l’éternité ; une force intérieure qui nous rend comme créateurs : la fidélité créatrice. Celle-ci permet de mettre le feu de la sainteté qui embrase le monde.

Dans l’actualité de notre pays, nous sommes justement appelés à trouver les mots, les moyens, les exemples dont notre société a besoin pour rester fidèle à la dignité de l’humain ! C’est la place des chrétiens, et leur devoir, de témoigner du Christ qui vient sauver chacun, c’est-à-dire donner un sens à la vie … le sens de la vie … éternelle.

Abbé Guillaume Seguin

Chercheurs de Trésors

Chercheurs de Trésors – 15 septembre 2019

Nous savons bien que notre trésor se trouve dans le ciel et que nous sommes tendus vers cette venue du maître. Cependant nous vivons ici-bas écartelés entre notre désir du ciel et notre amour de la terre, et ces deux désirs qui s’affrontent en notre cœur nous apparaissent comme inconciliables. L’équilibre est-il possible ?

 Ne soyons pas effrayés de ressentir cette faille intérieure, entre notre désir d’être avec Dieu et notre attachement à cette terre, car elle est le signe que nous sommes vivant et en chemin vers l’union parfaite en nous du corporel et du spirituel. Mais l’équilibre intérieur est difficile à trouver. Nous oscillons souvent entre un lien trop fort avec les réalités charnelles, amour des personnes, de la nourriture, de l’argent, et un rêve spirituel qui consisterait à renier totalement notre réalité corporelle  pour ne vivre que du divin. Nous nous imaginons alors dégagés de toutes contraintes terrestres. Mais ni l’une, ni l’autre de ces deux formes n’est humaine : ce sont toutes deux des mirages de notre esprit qui nous empêche d’affronter la réalité de notre condition humaine.

L’équilibre se joue dans l’amour de notre nature corporelle comme le lieu où se donne le divin. Ce n’est rien d’autre que de se construire sur cette terre un trésor dans le ciel. De croire que c’est derrière l’écorce de la chair que l’éternité est donnée. Cette chair si fragile est soit notre lieu du passage, soit notre lieu d’asservissement. Notre appel, à la suite de l’incarnation du Christ est de chérir notre réalité corporelle. Accepter l’ambivalence de nos sentiments charnels et ne pas voir notre nature corporelle se refermer sur nous-même comme un piège. Vouloir détruire cette composante de notre être, la détruire pour obtenir les réalités célestes provoque du même coup l’impossibilité d’accéder à Dieu. La simplicité de l’appel est à la hauteur de sa difficulté : nous sommes poussés à accepter la réalité de notre nature humaine, à l’aimer car elle est promise avec tout notre être à connaître l’éternité en elle. Mon corps est le lieu où je pourrai pleinement goûter l’éternité de Dieu.

 Demandons au Seigneur de vivre sur cette terre et dans notre corps cet ardent désir du Ciel qui nous habite.

 Abbé Henri Beaussant +

Un au-revoir, des actions de grâces, et des projets

Un au-revoir, des actions de grâces, et des projets – 8 septembre 2019

Ce début d’année dans notre paroisse est marqué par le départ du père Jean-Elysée Solofonirina, qui doit regagner son diocèse d’Antsirabé dans les jours prochains, plus rapidement que nous ne le pensions. Nous le voyons partir avec regret. Tous, tant les Mauriciens dont il était l’aumônier, que les paroissiens de Sainte Anne, nous avons pu apprécier sa présence souriante et sa très grande disponibilité. Prêtres et diacre, nous avons aussi apprécié le soutien qu’il a apporté généreusement à la vie pastorale de notre paroisse. En votre nom, je lui dis nos plus vifs remerciements.

Il est prévu qu’un prêtre, lui aussi étudiant à l’Institut Catholique, prenne la suite dans l’équipe sacerdotale.

Nous rendons grâce à Dieu pour l’ordination épiscopale, ce vendredi, de Monseigneur Philippe Marsset, vicaire général. Comme évêque auxiliaire, il assistera Monseigneur Aupetit dans sa mission au service de notre diocèse.

Action de grâce aussi pour l’ordination diaconale de Simon de Violet. Nous nous souvenons de Simon, séminariste du diocèse de Paris, qui a été présent à la paroisse pendant deux ans, de 2016 à 2018, exerçant son apostolat auprès du groupe des servants d’autel et au lycée professionnel de Saint Vincent de Paul. Il sera ordonné diacre en vue du sacerdoce avec Thomas Duthilleul, ce dimanche 8 septembre à 11h, dans l’église du Saint-Esprit (12e).

Enfin, le père Thierry de Lesquen sera installé dimanche prochain comme curé de Saint Albert le Grand par Mgr Jachiet, au cours de la messe de 11h00. Je vous rappelle que Saint Albert est, avec Sainte Rosalie, l’une des trois paroisses de notre doyenné.

Accompagnons chacun d’entre eux de notre prière.

Nous étions une quinzaine de paroissiens de Sainte Anne et de membres de l’aumônerie mauricienne à participer au pèlerinage en Terre Sainte organisé cet été par la communauté Aïn Karem. Nous avons porté vos intentions auprès de Sainte Anne, dans l’église qui lui est consacrée à Jérusalem, tout près de l’esplanade du Temple. Une chapelle est dédiée à la Nativité de la Vierge Marie ; c’est là que nous nous sommes retrouvés pour prier à vos intentions, prier pour notre communauté, et prier pour les travaux à venir de l’église.

Nous continuerons de prier auprès de notre sainte patronne sur une autre « terre sainte », diront, non sans raison, nos amis bretons : à Sainte Anne à d’Auray. Vous avez rendez-vous pour le pèlerinage qui sera organisé à l’Ascension, du 21 au 23 mai 2020. Nous souhaitons que ce soit un grand moment de la vie de notre communauté, rassemblant toutes les générations.

Je vous donne aussi rendez-vous dimanche 22 septembre pour notre messe de rentrée paroissiale, à 10h30. L’apéritif qui suivra nous permettra de prendre connaissance des projets de la nouvelle année pastorale, et d’accueillir ceux qui viennent d’arriver dans notre paroisse.

Bonne reprise à tous, dans la force et dans la joie de l’Esprit Saint. Que Sainte Anne, notre bonne mère, veille sur nous !

Père Henri de l’Eprevier, curé

 

Merci, et bon été !

Merci, et bon été ! – été 2019

Cet été donnera à nombre d’entre nous l’occasion d’un vrai repos, loin de la capitale. Un repos fait de contemplation, selon l’enseignement du Pape François dans Laudato si’ :

« Dieu a écrit un beau livre « dont les lettres sont représentées par la multitude des créatures présentes dans l’univers » [Jean-Paul II, Catéchèse, 30 janvier 2002]. (…) Quand nous prenons conscience du reflet de Dieu qui se trouve dans tout ce qui existe, le cœur expérimente le désir d’adorer le Seigneur pour toutes ses créatures, et avec elles, comme cela est exprimé dans la belle hymne de saint François d’Assise : « Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures » » (Laudato si’, 85-87).

D’autres ne prendront pas de vacances ou tout simplement resteront à Paris. Souhaitons à chacun de savoir se donner du temps pour se reposer, contempler, prier !

Pour ceux qui seront à Paris, nous pourrons fêter ensemble notre sainte patronne le dimanche 21 juillet.

Je tiens au nom de mes frères prêtres à vous remercier pour cette année pastorale à Sainte Anne. Nous gardons au cœur de beaux souvenirs : pèlerinage à Longpont, célébrations liturgiques, fête de fin d’année… Merci en particulier à ceux qui se sont mis au service des autres, au service de notre communauté paroissiale, et au service de la mission. Tant de belles choses se sont passées cette année !

Nous avons sans cesse à devenir davantage des disciples missionnaires. Rendons grâces à Dieu pour ce qu’il a fait en nous, personnellement et dans notre communauté.

Bon été à chacun. Je prierai pour vous en Terre Sainte, particulièrement à l’église Sainte Anne à Jérusalem, lieu de naissance de la Vierge Marie.

Que Sainte Anne veille sur nous !

Père Henri de l’Eprevier

Le cœur du monde

Le cœur du monde – 30 juin 2019

La communion eucharistique est une nourriture qui nous met en contact avec la personne du Christ. Derrière ce pain et ce vin, devenus le corps et le sang du Seigneur, se tient une personne avec un cœur battant qui souhaite entrer en relation avec moi.

Souvent nous sommes tentés de basculer dans un rapport légaliste à l’eucharistie. Ai-je droit de communier ? Si à la lumière de la vérité, dans un discernement ecclésial, je suis appelé à regarder si je peux communier, si j’ai le droit de communier. Le sacrement du corps et du sang du Seigneur n’est pas d’abord un contrat juridique mais l’édification d’une relation avec l’amour de notre vie : Jésus-Christ. Il est un corps qui se rend présent à chaque eucharistie, se tient devant moi, me permettant ainsi de le contempler ; Qui en se donnant à moi créé et permet à la relation que nous avons chacun personnellement avec lui de grandir. Ce don du Christ à chacun de nous dans l’eucharistie, est un don total et irréversible. C’est un don très concret avant d’être une chose conceptuelle. Le Christ ne se donne pas d’abord spirituellement à moi dans la communion mais il s’unit à moi comme des époux qui se donnent l’un à l’autre.

Notre difficulté est de nous ajuster à ce don du Christ. Lui se donne et d’une manière parfaite. Nous sommes appelés à toujours nous réajuster à Celui que nous recevons. Comment pourrai-je banaliser le don du Christ pour moi dans l’eucharistie ? Comment pourrai-je arrêter d’être toujours en vérité dans cette relation ? Si le Christ se livre à nous dans la communion, dans ce même mouvement de livraison de la croix, c’est pour m’entrainer à me donner toujours plus véritablement.

Le risque nous guette de banaliser cette relation la plus haute et la plus grande qui soit. Nous pouvons facilement nous y habituer en rentrant dans une routine en apparence confortable pour éviter de continuer à risquer la relation. Essayer de s’ajuster à la relation au cœur du Christ est exigeant et coûteux mais cela vaut la peine d’être vécu. Année après année nous pouvons sentir la transformation qui s’opère en nous par ce contact avec notre Seigneur. Nous pouvons toucher la force et la solidité qu’elle nous donne en nous emmenant à vivre du même amour que le Fils éternel vit avec le Père et l’Esprit.

Demandons au Seigneur, la grâce de ne jamais nous habituer à sa présence et de toujours risquer l’exigence de sa présence. Amen.

Abbé Henri Beaussant +

 

Accueillir et partager

Accueillir et partager! – 23 juin 2019

Ce 23 juin, notre paroisse est en fête !

Cette fête, c’est bien sûr l’occasion de se retrouver, de regarder le chemin parcouru tout au long de cette année scolaire, riche en évènements, en enseignements.

Mais c’est aussi et peut-être avant tout, l’occasion de favoriser l’accueil et en particulier l’accueil de celles et ceux qui ne viennent pas ou plus dans notre église, qui n’en ressentent pas le besoin, ou bien ne savent plus comment faire pour renouer un fil distendu parfois depuis longtemps, ou ne savent pas à qui s’adresser…

Cette fête, ce doit être l’occasion de les inviter, de les recevoir, de les accueillir, de leur présenter notre église ouverte et chaleureuse ou chacun, quel que soit son parcours, sa position sociale, son engagement religieux, doit trouver sa place, se sentir accueilli et respecté.

Oui, c’est aussi cela « faire Eglise » c’est rassembler tout un chacun pour qu’il puisse approfondir  ou s’éveiller au message d’amour du Christ.

Nous savons tous combien ce besoin, cette demande d’amour est importante dans notre société compulsivement consumériste, ou l’individu érigé en icone en vient à oublier, gommer son environnement social immédiat pour satisfaire des besoins de court terme.

Notre Eglise, c’est bien-sûr le lieu de la prière, de l’Eucharistie, des sacrements qui nourrissent notre foi. Mais notre devoir de Chrétien, c’est affirmer la présence du Christ dans nos vies, démontrer combien sa présence nous transforme, nourrit nos âmes, nous enrichit dans notre humanité.

Ce travail, cette réflexion est ancrée dans l’échange avec l’autre, le proche comme l’inconnu, avec nous-même comme avec Dieu lorsque la prière nous rapproche du Père.

La Pape François affirme

«Notre appartenance filiale à Dieu n’est jamais un acte individuel mais un acte toujours ecclésial : de la communion avec Dieu, Père, Fils et Esprit Saint, naît une vie nouvelle avec beaucoup d’autres frères et sœurs. Et cette vie divine n’est pas un produit à vendre – nous ne faisons pas de prosélytisme – mais il s’agit d’une richesse à donner, à communiquer, à annoncer : voilà le sens de la mission»

Fête du Saint-Sacrement

Rappelons-nous également, en ce jour de fête du Saint Sacrement, autrefois appelé Fête-Dieu, que l’Eglise veut aussi nous aider à affermir notre foi dans cette présence du Christ : il est vraiment présent et parce qu’il est vraiment présent, chacune et chacun d’entre nous peut, lui aussi, devenir vraiment présent au monde, à l’humanité, à celles et à ceux que la vie met sur notre chemin, pas simplement comme un réconfort moral ou par de vagues sentiments de solidarité, mais comme quelqu’un qui est prêt à donner quelque chose de lui-même parce qu’il reçoit du Christ non seulement quelque chose de lui-même mais sa vie toute entière.

Voilà pourquoi ce 23 juin, nous serons doublement en fête !

Sylvain Thibon, Diacre permanent

Un temple dans le temps

Un temple dans le temps – 16 juin 2019

Avec la solennité de la Pentecôte, se termine le temps pascal. Tout n’est pas terminé en réalité, car dans l’élan de la Pentecôte, l’Eglise célèbre la Sainte Trinité, le Saint Sacrement et le Sacré-Cœur de Jésus. Un mystère en appelle toujours un autre; aucune fête n’épuise la totalité du mystère chrétien.

Ceci ne vaut pas seulement pour les fêtes d’après la Pentecôte ; c’est toute l’année liturgique qui constitue un déploiement dans le temps de ce que nous professons dans le Credo. Un adage dit justement : lex orandi, lex credendi, la règle de la prière, c’est la règle de ce qui est cru.

Les fêtes et les temps liturgiques ne se succèdent pas de façon aléatoire. Il y a un ordre qui nous aide à expérimenter dans notre cœur, dans notre esprit et même dans notre chair, toute la richesse de notre foi. Le facteur du temps est pour cela essentiel. Un auteur juif, Abraham Heschel (cité par Saint Jean Paul II), fait remarquer que selon la Bible, Dieu construit un temple non dans la pierre, mais dans le temps. Chrétiens, nous avons hérité de cette conception : « Le temps est supérieur à l’espace » écrivait le Pape François (Evangelii Gaudium). Avant même de bâtir des églises (hormis quelque exception, il faut attendre le IVe s. pour voir apparaître les premiers édifices chrétiens, les chrétiens ont « construit » l’année liturgique.

Avec l’année liturgique, nous sortons du temps cyclique, l’éternel recommencement qui caractérise la conception païenne d’une histoire centrée sur elle-même. Chaque fête liturgique nous rapproche davantage de la venue du Christ en gloire à la fin des temps. Elle nous rappelle que notre histoire va vers un but magnifique, et non vers le néant.

Nous sortons aussi de la monotonie du temps « plat ». En voulant conquérir le droit de travailler et d’acheter le dimanche, en réduisant Noël, Pâques où la Toussaint à des fêtes mercantiles d’où la signification religieuse est exclue, on fabrique une temporalité plate, où tous les jours se valent, et où le temps n’a plus ni relief, ni saveur, ni horizon. C’est pourquoi l’Eglise demande de « sanctifier le dimanche » (comme nos frères juifs le shabbat), non seulement en participant à la messe, mais en en faisant une journée de fête.

On peut dire que pour chacun, l’année liturgique est une école qui permet de se réapproprier les différents aspects de notre foi. Elle constitue une sorte de catéchisme pour adultes (et pour enfants !). Ceci suppose que nous essayions de nous renseigner sur le sens de chaque fête et d’en connaître le contenu, et surtout de chercher à la vivre profondément : en nous y préparant ; en soignant la célébration des fêtes ou même du dimanche ; en tenant compte dans notre prière, dans nos actes ou dans notre comportement du temps où nous sommes ; en remettant le jeûne au cœur de notre vie, etc…. Notre prière s’en trouvera revigorée, enrichie, renouvelée.

L’année liturgique est un trésor non dans l’espace, mais dans le temps. Ce trésor n’est pas inaccessible, caché dans une caverne : nous avons un sésame, le don de l’Esprit Saint qui nous en ouvre l’accès, et qui nous permet d’en vivre. A nous de le recevoir.

Père Henri de l’Eprevier

 

Mon Père vous donnera un autre Défenseur

Mon Père vous donnera un autre Défenseur – 9 juin 2019

Nous célébrons ce dimanche l’effusion de l’Esprit Saint sur un groupe de disciples de Jésus au Cénacle de Jérusalem (Ac 2, 1-11). Elle a eu lieu lors de la célébration de la fête de Pentecôte juive. Dans le calendrier juif, le Chavouot, traduit en grec par pentêkostề (Pentecôte) est une célébration de l’Alliance au Sinaï (Ex 23,16-17), 50 jours après la fête de Pessa’h (Pâques) qui, quant à elle, célèbre la libération de l’esclavage d’Egypte.

Dans le plan du salut, à Pâques, Jésus nous a libérés du péché et de la mort éternelle en les vainquant par l’amour. Avant son départ, Il a promis à ses disciples la venue de l’Esprit Saint pour les réconforter : « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. » Ce Défenseur est venu le jour de la Pentecôte.

Le premier Défenseur est ainsi Jésus lui-même. Le Père l’a ressuscité par son Esprit Saint. Parce qu’Il a obéi à sa volonté de s’incarner pour sauver l’humanité, le Père Lui a ensuite tout soumis. Jésus peut désormais communiquer cette Vie nouvelle à ceux qui l’aiment. La condition, c’est le respect du commandement nouveau : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. Et Il a ajouté : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements … la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. » Par la Parole du Père, Jésus fait allusion à la Loi au Sinaï. Il l’a renouvelée de manière plus simple par le commandement d’amour. C’est par cet amour que nous pouvons communier entre nous et avec Dieu.

L’Esprit Saint est l’autre Défenseur envoyé par le Père, au nom de Jésus, pour nous guider sur ce chemin d’amour. D’une part, Il nous enseigne. L’enseignement de Jésus n’est pas une doctrine, fruit de son ministère. Il est une Parole  qui nous ouvre à la Vie. En Eglise surtout, l’Esprit Saint nous rappelle et nous enseigne continuellement sa Parole afin de vivre facilement son amour au quotidien. D’autre part, il nous défend, d’abord, contre notre Ego qui nous empêche de nous ouvrir à la détresse, mais également à la joie de l’autre (dans la jalousie). Puis, il nous défend du malin qui veut nous écarter du chemin d’amour. Il est un Esprit d’ouverture.

Ce qu’il faut souligner enfin, c’est que l’observance de la Loi d’amour n’est pas seulement une exigence à remplir envers et contre tout pour entrer au Paradis. En fait, cette Loi nous garantit déjà une vie de bonheur sur terre. Ce n’est pas par hasard si l’effusion de l’Esprit Saint se produisait à Jérusalem (la cité de la paix) et le jour de la Pentecôte juive qui est également la fête de la moisson. C’est pour dire que le fruit de l’amour est la Paix. La Paix par la suite garantit une vie de bonheur, déjà sur cette terre, et nous introduit dans la Vie éternelle.

Pour terminer, laissons-nous toujours conduire par l’Esprit Saint que nous avons reçu depuis notre Baptême. Il fait de nous une Assemblée vivante unie et animée par l’amour.

Joyeuse fête de Pentecôte à tous et à toutes.

Jean-Elysée Solofonirina

Élévation

Élévation – 2 juin 2019

Au terme des 40 jours le séparant de sa Résurrection, le Christ achevant sa mission sur terre, entame une nouvelle étape pour lui-même comme pour l’humanité : il monte au ciel, auprès du Père. Ainsi pour la première fois, l’humain siège dans le divin. Désormais au cœur de Dieu, l’humanité tient sa place, grâce à Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme, retourné chez le Père, avec qui, il ne fait qu’un. Quelle dignité nous acquérons sans avoir rien fait ! L’homme est effectivement appelé à être Dieu en Jésus. Une ascension qui élève l’homme, après l’avènement de Dieu sur terre. Or une fois au ciel, le Seigneur nous annonce qu’il nous enverra l’Esprit Saint ! Ce qu’il a effectivement fait au jour de la Pentecôte. Une fois de plus c’est Dieu qui descend sur la terre, pour que l’homme soit élevé au ciel !

Par notre baptême, nous sommes indéfectiblement liés au Christ et nous portons son nom ; par l’Esprit Saint, reçu avec force à la confirmation, nous recevons son Esprit de Fils, et devenons à notre tour fils dans Le Fils unique, capables de témoigner et de nous engager pour recevoir l’Eucharistie ; unifiés, eucharistiés, divinisés. Quelle élévation pour nous autres simples créatures aimées et sauvées !

Désormais nous savons que l’humain étant aimé, est sauvé, mais que de surcroit il est appelé à siéger au cœur de la Trinité. C’est justement ce mystère qui pousse l’Eglise et ses fidèles à poser un regard de respect, et d’admiration sur tout être humain, quelle que soit sa condition. Regard d’admiration, de compassion, … car nous sommes tous faits pour une divine élévation. Afin de garder ce regard, quelques soient les circonstances de la vie terrestre, parfois traversée par la souffrance, nous devons rester unis au Seigneur, dont la source et le sommet se donnent dans l’Eucharistie, où là aussi nous vivons une élévation chaque dimanche ! Grandis dans ce mystère de la foi qui nous éblouis, humblement abaissés pour adorer, nous sommes intimement et fermement élevés, dans le mouvement d’un Dieu qui nous rejoint, se donne à nous par amour et auquel nous nous unissons par la communion. Comment ne pas être apôtres de cette élévation qui s’offre à chacun ?

Abbé Guillaume Seguin

Nous sommes aimés

Nous sommes aimés – 26 mai 2019

Le sommet de l’amour proposé par le Christ, aimante notre cœur et, au commencement de notre vie, nous croyons naïvement que nous pourrons aimer comme lui. Le début de la route débute lorsque nous acceptons de reconnaître que nous sommes incapables d’aimer comme Jésus d’un amour humain transfiguré par le divin. Cette reconnaissance ne veut pas dire que nos amours terrestres n’ont aucune valeur, mais qu’ils sont appelés à une hauteur plus grande si nous acceptons de laisser la main à Dieu.

En confessant notre incapacité à aimer, en disant : « je ne sais pas aimer, » nous demandons au Christ de nous apprendre à aimer comme lui. Nous le supplions de nous montrer la route de l’amour véritable. Cette demande pour être exaucé appelle  notre dépouillement pour qu’il nous remplisse de son amour.

Alors délicatement et petit à petit, il travaille nos cœurs raides pour leurs donner la souplesse de la chair. Nous aimerions en un instant aimer du même amour que le Christ, d’un amour divin et total, mais il nous respect trop pour brûler les étapes de notre croissance amoureuse. Il ne veut pas nous brusquer comme un être qui pousse un autre pour le forcer à avancer. Il se tient au côté de nous et nous aide à poser un pas après l’autre dans l’amour. Refuser de se laisser conduire pour essayer seul d’aimer comme lui, nous mène à l’épuisement car ce commandement est en soi intenable. Notre seule demande consiste à implorer le Christ pour qu’il aime en nous par son Esprit.  Ce qu’il nous commande lui appartient et notre part est de garder une attitude intérieure d’accueil vis à vis de son amour qu’il met en nous, ainsi que de ne pas refuser d’être dépouillé.

Sur ce chemin qui ne s’achèvera que le jour de notre mort, lorsque nous vivrons pleinement de cet amour du Christ,  nous sommes souvent tentés de renoncer car plus nous avançons, plus nous sentons le décalage qu’il existe entre notre capacité d’aimer et l’amour divin. Cependant la clé de la croissance se situe ici : dans la reconnaissance perpétuelle que nous avons besoin de lui pour aimer en nous ; de lui laissé de plus en  plus de place dans notre cœur. Le Christ nous demande de toujours nous remettre en situation d’ouverture afin de recevoir d’une manière son amour et être ainsi rendu capable d’aimer un peu plus.

Gardons toujours dans notre cœur que malgré l’exigence de cet appel à aimer du même amour que le Christ, celui-ci est réalisable si nous lui laissons toute la place, si nous lui demandons de nous apprendre à aimer.

Abbé Henri Beaussant +