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Sainte Anne, la joie du cœur

Sainte Anne, la joie du cœur – 03 juillet 2020

Quand on lit le récit de la vie de notre sainte patronne, on se rend compte à quel point Dieu ne nous abandonne jamais, même dans les moments difficiles. Même là, des choses grandes et belles se préparent. C’est dans une situation pour le moins compliquée que Sainte Anne et Saint Joachim ont donné naissance à la Vierge Marie.

Il en va de même dans notre paroisse. Nous n’oublierons certes pas cette année étonnante où après les grèves, le confinement a sérieusement bousculé la vie pastorale. Mais nous rendons grâce à Dieu pour ce qu’Il a accompli dans les cœurs, et pour ce que notre communauté paroissiale a réussi à vivre malgré tout.

Je suis heureux de vous annoncer qu’au terme de ces six années à Sainte-Anne, Monseigneur Aupetit a renouvelé ma nomination comme curé pour une durée de trois ans. C’est pour moi l’occasion de vous redire ma joie d’être ici, et ma gratitude pour l’engagement des uns et des autres au service de la paroisse. Ma joie aussi de partager cette mission avec mes frères prêtres et diacre. Je confie ces années à venir à votre prière.

Je suis heureux aussi de vous annoncer l’arrivée d’un nouveau prêtre étudiant, le père Francis Ogboo, du diocèse de Nnewi (Nigeria), qui habitera à la paroisse et poursuivra des études de droit canonique à l’Institut Catholique de Paris. Il sera au service de l’aumônerie mauricienne, à la suite du père Blaise Mankana, qui a terminé sa période d’études en France et va rejoindre son diocèse au Congo. Je tiens à lui redire merci pour l’aide qu’il nous a apportée ; nous avons tous apprécié sa présence chaleureuse parmi nous.

Nous nous réjouissons enfin de la présence parmi nous du père Sébastien Courault, du diocèse de Nevers, rédacteur en chef de la revue Prêtres Diocésains, arrivé ici en mars, et qui sera présent à la paroisse pendant trois années pour poursuivre également des études de droit canonique à l’Institut Catholique de Paris. Le père Courault n’a pas attendu pour nous rendre de grands services pendant la période de confinement, qu’il en soit remercié.

Je veux vous partager au seuil de cet été une nouvelle de grande importance concernant les travaux définitifs de confortation, qui est un grand motif d’action de grâce : contrairement à ce qui avait été annoncé initialement lors de la réunion publique du 18 juin 2019, nous avons appris que l’église ne sera finalement pas fermée totalement pendant les travaux. Il y aura un phasage, qui permettra d’utiliser l’une puis l’autre moitié de l’église. Nous pouvons en être très reconnaissants à l’égard de l’architecte en charge des travaux, et du DECH (Département des Edifices Cultuels et Historiques de la Ville de Paris). Je suis témoin de tout ce qu’ils font pour entraver le moins possible la vie de notre paroisse. Ils ne ménagent pas leurs efforts pour cela.

Les travaux (consolidation des pieux sur lesquels repose l’église) commenceront bien en septembre 2021 et dureront environ 3 ans. D’ici-là, la chapelle Saint-Joachim sera réaménagée, pour une utilisation plus fonctionnelle. L’espace Ararat réduira ses activités pendant la période des travaux.

Une belle année se prépare. Le premier rendez-vous sera le dimanche 20 septembre, pour la messe de rentrée. Puis dimanche 11 octobre, nous passerons la journée à Chartres, pour découvrir la figure du père Franz Stock, et la cathédrale. Dimanche 15 novembre, Monseigneur Aupetit viendra présider la messe de 10h30. Nous vous avions dit que le pèlerinage prévu à Sainte-Anne d’Auray, à Kergonan et à Pontchâteau serait reporté : il aura lieu en effet du 13 au 15 mai 2021 (week-end de l’Ascension).

Pour ceux qui vont rester à Paris, n’oublions pas notre traditionnel rendez-vous du 26 juillet (qui tombe cette année un dimanche) : nous fêterons Sainte-Anne, notre sainte patronne, qui nous apprend à garder toujours la joie du cœur, la confiance même dans l’épreuve, et l’espérance !

Père Henri de l’Eprevier

Qui vous accueille m’accueille

« Qui vous accueille m’accueille  » – 28 juin 2020

 Au cœur de l’évangile de ce jour, nous trouvons cette injonction d’accueillir !  Une injonction incontournable de toute démarche Chrétienne.

Elle trouve ses racines déjà dans l’Ancien Testament où de très nombreux passages évoquent l’hospitalité et l’accueil dus à chacun. Tous les prophètes insistent sur cette obligation de l’hospitalité. (Isaïe 58, 7)

Quant à Jésus, tout au long de son ministère, Il témoigne de l’accueil de Dieu pour les plus petits, les pécheurs et les personnes en difficulté. Il pratique l’hospitalité en lavant les pieds de ses disciples et dans son enseignement, Il affirme qu’accueillir l’autre, c’est accueillir Dieu.

La question de l’accueil est une préoccupation permanente de toute Église ! Mais souvent, l’accueil est considéré, par le petit bout de la lorgnette.

Lorsque l’on évoque ce terme, on pense : “Équipes d’accueil”, “Hôtesses d’accueil”, “le sourire qui vous accueille“…

C’est nécessaire, mais parler d’accueil dans l’Eglise, c’est aller plus loin.

“Accueillir comme le Christ nous a accueillis” : n’est-ce pas, finalement, la question de l’hospitalité que j’accorde à l’autre, dans sa personne toute entière ?

N’est-ce pas la question de la place que je suis prêt à lui accorder, avec son vécu, ce qui le ou la caractérise, ses différences, ce qui peut me bousculer peut-être ?

Accueillir comme Chrétien, c’est d’abord manifester la volonté d’accueil du Père !

Les évangiles, lorsqu’ils évoquent l’accueil,  soulignent qu’il s’agit d’un accueil qui n’est pas de façade, ni de fonction : il vient du cœur, des profondeurs, des entrailles.

C’est aussi un accueil qui se traduit de façon visible : en initiatives, en gestes concrets, en temps donné, en attention personnelle, en rupture aussi avec certaines conventions.

Jésus a fait de l’accueil un signe fort indissociablement lié à l’annonce de la bonne nouvelle pour tous. Nous percevons bien que l’accueil en particulier de l’inconnu, du différent, du malade nous questionne, parfois nous bouleverse mais de façon certaine nous transforme.

A la veille des vacances d’été, soyons à l’image de Jésus féru d’hospitalité. Engageons-nous à rester ouverts et attentifs pour accueillir la différence, accueillir celles et ceux qui, ces derniers mois ont souffert dans leur corps, dans leur chair, dans leur âme, de la maladie ou de la solitude et bien sûr, continuons aussi d’accueillir la Parole de Dieu

Et tout au long de l’été, notre église restera un lieu ouvert, le lieu de cet accueil inconditionnel comme elle le fut aussi pendant le confinement.

Bon été et bonnes vacances !

Sylvain Thibon, Diacre permanent

Ordinaire

Ordinaire – 21 juin 2020

Voilà que nous entamons la longue série de dimanches « ordinaires » qui nous conduira jusqu’au début de la nouvelle année liturgique par le temps de l’Avent. Ainsi nous sommes en vert ! Nous quittons pour la liturgie, mais pas pour le cœur, le blanc, qui nous accompagnait depuis Pâques, la résurrection du Seigneur. Tout le temps pascal et les trois dimanches, présentés comme un triptyque pédagogique, le dimanche de la Pentecôte avec la réception de l’Esprit saint, capable de nous inspirer le mystère de la sainte Trinité (dimanche suivant), qui nous conduit devant la fête-Dieu, celle du Saint-Sacrement (dimanche dernier). Après ces festivités merveilleuses, cœur de notre foi, lumière de nos vies, source de notre espérance, nous entrons dans l’ordinaire de la vie chrétienne. Mais honnêtement, peut-on vivre ordinairement la foi chrétienne ? Peut-on être un chrétien ordinaire, ou même normal ? C’est impossible, tellement la foi est extraordinaire. Un chrétien est un saint par choix de Dieu, et un saint en puissance selon la réponse de chacun. Croyez-vous vraiment ordinaire ou normal de vivre l’évangile dans le quotidien de nos vies ? Pouvez-vous considérer le dimanche comme ordinaire, tandis que nous célébrons semaine après semaine, la résurrection du Fils, qui nous envoie l’Esprit pour qu’en le suivant nous entrions chez le Père ?

Auriez-vous seulement la tentation de vous taire, en vivant ordinairement, normalement la vie chrétienne ? Non !

Nous entrons dans un ordinaire qui nécessite de crier la force de la vérité, la beauté de l’amour, l’éternité de la vie. C’est là le moteur des chrétiens depuis tant de siècles, des apôtres et des saints. Criez à nos frères, par la vie quotidienne, l’engagement indéfectible, la joie du salut et la gloire de la Trinité. Nous vivons d’une intimité telle avec Dieu, que non seulement nous lui parlons, nous le recevons dans la communion, et nous l’imitons dans nos actions. Or ce Dieu familier, se souci même des moineaux, alors combien plus de chacun de nous ? Puissions-nous entretenir ce lien intime, le transmettre à nos proches, enfants et petits-enfants, amis et voisins, en témoigner partout où nous vivrons ces prochains jours, surtout en cette période favorable de la vie familiale, où beaucoup vont se reconfiner, mais en vacances… Pensez-vous vraiment que ce soit ordinaire ? Ne tombons pas dans la lassitude d’une habitude, qui perd sa saveur et sa valeur, mais entretenons ce qui fait l’ardeur de nos vies, et remplissons l’ordinaire de la folie extraordinaire de Dieu.

Abbé Guillaume Seguin

 

Attire-nous à toi

Attire-nous à toi – 14 juin 2020

Le Seigneur ne cesse ces derniers dimanches de nous entraîner dans sa prière à son Père.

D’emblée, Jésus ne place pas la connaissance au niveau d’idées à acquérir, d’un savoir extérieur que nous devrions ingérer afin de savoir qui il est ainsi que son Père. Connaître Dieu touche à la relation que nous construisons avec lui. Dieu s’est incarné pour pouvoir se faire proche de l’homme, pour lui donner accès à lui dans ce qu’il a de plus intime et de plus fragile. Il a désiré prendre un corps afin qu’aucune parcelle de l’existence humaine ne puisse pas ne pas entrer en relation avec lui.  Connaître Dieu, ce n’est pas acquérir une somme d’idées sur ce qu’il est, c’est se laisser rejoindre personnellement par lui et entrer par la porte qu’il nous ouvre sur son être. La connaissance apparaît alors comme le flux de la vie qui circule entre le Christ et nous.

Dieu nous propose alors de nous dévoiler afin d’entrer dans cette relation avec lui, de nous laisser connaître par lui et de le recevoir tel qu’il est. Nous touchons un des grands secrets de l’incarnation de Dieu : en acceptant de prendre notre chair, Dieu comme dans l’hostie, se rend accessible à l’homme, il lui donne la possibilité de le toucher, d’entrer dans une relation vraie avec lui. Il n’est plus un Dieu lointain et conceptuel mais un Dieu que « nos mains ont touché, que nos yeux ont vu ». Nous pouvons passer à côté de cette révélation en apparence simple et pourtant ici se dévoile l’amour dont le Seigneur veut combler nos cœurs en appelant l’homme à entrer dans la connaissance de son être. Dieu s’expose à l’homme car il veut conquérir son cœur afin de lui faire goûter le salut non de l’extérieur mais du plus profond de son être. Il veut ainsi nous sauver comme des hommes libres qui choisissent de se laisser aimer et de l’aimer et non comme des esclaves forcés d’entrer dans une relation à laquelle ils n’ont pas consenti.

Demandons au Seigneur de ne pas avoir peur d’entrer en relation avec lui et de nous laisser toucher. Amen.

+ Abbé Henri Beaussant

Bienheureuse Trinité

Bienheureuse Trinité – 7 juin 2020

Le nom de « Trinité » peut impressionner. Il mérite pourtant que nous cherchions à en comprendre la signification. C’est une confession de foi en l’unité de Dieu. Ce nom exprime les relations d’amour qui unissent les trois personnes divines. En sa parfaite unité, Dieu est communion des personnes : le Père, source de la vie divine, le Fils qui reçoit tout du Père et lui rend dans l’action de grâce, et l’Esprit Saint qui est l’unité du Père et du Fils.

On raconte qu’un jour, Saint Augustin, le grand théologien, cherchant à comprendre le mystère de la Trinité, tandis qu’il se promenait sur la plage, rencontra un jeune garçon qui scrupuleusement transportait de l’eau de la mer avec une petite cuiller, pour remplir un trou qu’il avait creusé dans le sable. Il fit remarquer au jeune enfant, en souriant, qu’il aurait bien du mal à remplir le trou avec toute l’eau de la mer. L’enfant lui répondit : « j’aurai le temps de le remplir avant que tu n’arrives à comprendre la Trinité ».

Cette histoire ne doit pas décourager notre recherche. L’intelligence est un don de Dieu, et nous rendons gloire à Dieu quand nous essayons de comprendre. Il est digne et beau de chercher sans cesse la vérité. Mais nous devons reconnaître que nous ne la surplombons pas. Elle nous précède et nous déborde. Nous y entrons avec humilité et émerveillement, en progressant selon la lumière que Dieu nous donne.

C’est par la liturgie que l’Eglise a pu approfondir le mystère de la Trinité. La liturgie, c’est la prière de toute l’Eglise, corps du Christ. Elle s’adresse à Dieu Père. Elle passe par la médiation du Christ, mieux : elle nous fait entrer dans la prière de Jésus, le Fils, qui s’offre dans l’amour à son Père. Notre prière se coule dans la sienne. Et c’est l’Esprit Saint qui fait cela, en pénétrant nos âmes, en nous faisant communier à Jésus. Ce mouvement est exprimé dans la doxologie, qui conclue la Prière eucharistique : « Par Lui, avec lui et en lui, à toi Dieu le Père tout puissant, dans l’unité du Saint Esprit, tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles ». Par lui : par la médiation de Jésus, avec Jésus et en Jésus. A toi, Dieu le Père, la finalité de toute prière. Et dans l’unité de l’Esprit, l’Esprit de communion.

Les préoccupations de notre monde sont nombreuses, nous ne pouvons évidemment pas nous en détourner. Mais n’oublions ce qui donne sens à notre vie. Ce qui lui donne son goût, ce qui vaut vraiment le coup, c’est de chercher à connaître Dieu, c’est d’entrer dans une véritable amitié avec Jésus, et de vivre de l’Esprit Saint. Et cela commence dès aujourd’hui.

Père Henri de l’Eprevier

Célébrons la Pentecôte

CELEBRONS LA PENTECOTE – 31 mai 2020

Nous célébrons la Pentecôte. Ce nom est venu du grec ancien « pentèkostè » qui signifie cinquième. Nous sommes dans une énumération, où nous partons du premier au cinquantième. La Pentecôte est le cinquantième jour après Pâques, c’est-à-dire l’événement de la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Ce cinquantième jour, alors que les Apôtres étaient en prière, l’Esprit Saint descend sur eux. Chacun était rempli d’Esprit Saint. Ils se mirent à parler en langues, c’est-à-dire à proclamer l’Evangile dans toutes les langues.

Ce jour-là consacre la naissance de l’Eglise. La fondation existait déjà avec les Apôtres, mais ce jour fut le début de la construction. C’est pourquoi, il est dit que l’Eglise est bâtie sur la foi des Apôtres. La Pentecôte célèbre donc deux événements majeurs :

1° le don de l’Esprit Saint qui est un accomplissement de la promesse de Jésus : « je ne vous laisse pas orphelins, je vous enverrai un paraclet »

2° la naissance de l’Eglise.

Originairement, fête agraire et ensuite commémorative du don de la Torah (loi de Moïse), la Pentecôte prend un sens nouveau avec l’infusion du Saint Esprit sur les Apôtres.  L’Esprit est donné aux Apôtres pour l’Eglise. Personne ne peut posséder l’Esprit de manière indépendante de l’Eglise parce qu’Il est le don fait à l’Eglise. L’Esprit Saint passe par les Apôtres et se répand dans le corps ou l’ensemble des fidèles du Christ. Il est envoyé pour vivifier l’Eglise, donner la vie divine à toute l’action de l’Eglise (la tria munera) : l’enseignement, la sanctification (célébration des sacrements) et le gouvernement de l’église. C’est l’Esprit qui est au centre. C’est Lui qui fait l’église missionnaire, c’est Lui qui anime le corps organique (l’église institution) et répand le don de la grâce à travers les sacrements.

Prions pour que le Saint Esprit nous comble de ses richesses

La Gloire évoquée 6 fois

La Gloire évoquée 6 fois dans cet évangile de Jean… – 24 mai 2020

Dans la Bible Hébraïque, le mot qui signifie Gloire, « kadôd », implique l’idée de poids.

Le poids d’un être dans son existence définit son importance, le respect qu’il inspire, sa gloire.

 Pour l’Hébreu, à la différence du Grec et du Français, la gloire ne désigne pas tant la renommée que la valeur réelle, estimée à son poids.

L’Ancien Testament a vu la fragilité de la gloire humaine : « Ne crains pas, quand l’homme s’enrichit, quand s’accroit la gloire de sa maison. A sa mort, il n’en peut rien emporter, avec lui ne descend pas sa gloire » Ps49

La Bible a su lier la gloire à des valeurs morales et religieuses.

L’obéissance à Dieu, c’est à dire avant tout l’écouter,  prime sur toute gloire humaine.

En Dieu est le seul fondement solide de la gloire.

Cette attitude sera en sa perfection, celle du Christ. « Quand Satan lui offrirait tous les royaumes du monde avec leur gloire » Jésus répondra : « C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras ; à lui seul tu rendras un culte »

La révélation du Nouveau Testament est le lien de la gloire avec la personne de Jésus.

La gloire de Dieu est tout entière présente en Lui.

Par la résurrection et l’Ascension, le Christ est déjà entré dans la gloire divine que le Père, dans son amour, « Lui a donné avant la création du monde » Jn 17 24  et qui lui appartient comme Fils à l’égal du Père

Cette gloire, comme la « gloire de Yahweh » dans l’AT, est sphère de pureté transcendante, de sainteté, de lumière, de puissance, de vie.

 Le devoir de l’homme est de célébrer et de reconnaitre la gloire divine.

En cette heure décisive, Jésus emploie donc souvent le mot gloire, c’est à dire Dieu lui-même qui se manifeste aux hommes. Dieu va être glorifié en son Fils et les croyants vont enfin connaitre le Père. Désormais, ceux qui croiront en Jésus accèderont au Père.

Puissions-nous en cette veille de Pentecôte nous tourner vers le Fils et lui présenter nos prières et nos supplications et s’en remettre à Lui dans l’espérance de notre glorification.

Bon chemin à tous vers la Pentecôte

Sylvain Thibon

Diacre permanent

Nous sommes dans sa main

Nous sommes dans sa main – 10 mai 2020

«La main peut sembler trop fragile pour protéger une vie humaine, mais il n’y a rien de plus protecteur que la main divine qui est bien plus qu’un simple membre.

La main divine dans laquelle nos vies sont inscrites dit la protection et le lien qui nous unissent à Dieu : « Je t’ai gravé dans les paumes de mes mains. » Nous pouvons nous rendre compte de la réalité de cette image lorsque nous passons par le prisme de l’expérience humaine. Lorsque nous prenons la main de quelqu’un, nous manifestons que nous nous offrons à lui, que nous lui appartenons. Le geste rassurant de l’épouse à son époux, du père à son enfant n’a rien d’anodin : il dévoile le fond des cœurs et fait circuler le courant de la vie de l’un à l’autre. À travers cet entrelacement des mains est manifesté le don mutuel des êtres pour recevoir la vie.

« Personne n’arrachera [les brebis] de [l]a main » du Fils à qui le Père a tout remis, voilà une parole sur laquelle nous pouvons nous appuyer indéfectiblement. S’il existe une hésitation ou un choix, ils ne sont pas du côté de Dieu car si nous le choisissons nous serons toujours dans sa main. « Moi je ne t’oublierai pas ».

Nous avons pourtant parfois le sentiment d’être séparé de la main du Père, particulièrement en ces instants, comme si sa main n’était plus dans la nôtre. Or, le vide causé par l’absence de la main de l’être aimé est tout autant signe de l’amour que lorsque nous la touchons. L’absence et le manque de cette main divine sont signes d’une présence qui s’est un jour donnée à nous. L’absence vécue par deux amis, deux frères ou deux amants du fait de leur éloignement spatial n’efface pas la présence de l’autre dans le cœur de chacun. L’autre demeure vivant car il a laissé sa marque en nous comme un sceau charnel. De même, la main dans laquelle Dieu a gravé notre nom est présente en nous même dans son absence. Ainsi, la présence et l’absence fonctionnent comme deux faces d’une même réalité. La souffrance causée par l’absence de Dieu du fait que nous ne le voyons pas est signe que l’amour est bien vivant en nous, comme celle de l’amante en manque de l’amant, de l’enfant qui souffre de l’absence de son père ou de sa mère. C’est une douleur qui manifeste l’amour que nous portons.

Croyons toujours que le manque lié à l’absence de la main de Jésus comme la douleur de l’époux causé par le départ de l’épouse en voyage, est la preuve que nous sommes dans la main de Dieu. Ne la quittons pas. Notre vie est dans la fidélité à sa main. »

Abbé Henri Beaussant +

 

Les prêtres, des serviteurs

Les prêtres, des serviteurs – 3 mai 2020

Cette Journée mondiale des vocations, qui a lieu traditionnellement le quatrième dimanche après Pâques, offre aux catholiques l’occasion de s’interroger sur le rôle des prêtres.
Il nous est bon de le faire, car il n’est pas sûr que leur mission soit claire pour tout le monde. Chacun n’est-il pas capable d’une relation directe avec Dieu ? Pourquoi faudrait-il des hommes qui s’interposent entre nous et le Christ ? Et Dieu s’enferme-t-il dans nos structures, nos modes d’organisations ?
S’il s’avérait qu’un prêtre était quelqu’un qui s’interposerait entre l’homme et Dieu, et qui n’aurait d’autre fonction que celle de faire fonctionner une organisation, votre serviteur cesserait aussitôt d’écrire cet éditorial, et abandonnerait sa mission de curé. Il en serait de même pour tous les prêtres du monde. On ne peut comprendre ce qu’est le sacerdoce si l’on s’obstine à comprendre l’Eglise sur un mode purement horizontal. L’Eglise est autre chose qu’une organisation humaine ayant besoin de personnel. Si c’était le cas, il n’y aurait plus de prêtres depuis longtemps. On ne donne pas sa vie pour faire tourner une organisation, même religieuse.
L’Eglise est le moyen par lequel le Christ veut se rendre proche de notre humanité, et de chacun d’entre nous. Comme un sacrement, elle signifie sa présence, et elle en est l’instrument. Le prêtre n’agit pas en son nom, ni pour lui-même. Il est « configuré au Christ » : par lui, c’est Jésus qui veut rejoindre notre monde, pour que l’espérance évangélique puisse être toujours annoncée et vécue. Par les mains du prêtre, c’est le Christ qui bénit. Par la voix du prêtre, c’est le Christ qui dit « ceci est mon corps, livré pour vous », et « je te pardonne tous tes péchés ». Par le ministère du prêtre, toute la communauté chrétienne forme un seul corps, qui s’offre avec le Christ dans l’eucharistie, et se laisse envoyer en mission dans le monde.
Chacun d’entre nous est appelé à une relation personnelle avec le Seigneur. Le prêtre, par l’annonce de l’évangile, par la célébration des sacrements, par le ministère d’unité, est au service de cette relation.
Prenons l’image de la main : une main ne « s’interpose » pas entre deux personnes, au contraire en se serrant la main, les deux personnes établissent une relation plus concrète. Les prêtres prolongent la mission du Christ, Celui que Dieu a envoyé pour rejoindre tous les hommes. Un prêtre qui serait centré sur lui-même s’interposerait entre Dieu et l’homme. C’est un danger réel. C’est pourquoi il doit accepter de s’effacer et de laisser le Christ agir en lui. Nous percevons mieux en cette période de confinement que notre relation à Dieu n’est pas désincarnée. Notre vie spirituelle n’est pas de l’ordre de la pure intériorité et du pur intellect. Nous n’avons pas vocation à rester seuls. La communion qui se réalise dans l’eucharistie, et qui se déploie dans la communauté chrétienne, est partie intégrante de notre foi. Les prêtres en sont les serviteurs.
Ceci nous renvoie à la situation présente. Les catholiques participent, comme tous les citoyens – ils le sont, ni plus et ni moins que tout le monde – aux efforts indispensables pour stopper la pandémie. Avec patience et abnégation, ils ont accepté la mesure de l’interdiction de participer aux messes. Mais ils savent que cette mesure ne peut être prolongée. La liberté de culte n’est pas un « plus » dans une société, c’est une liberté fondamentale. La société respecte le choix que nous faisons en conscience de participer, ou non, à la vie religieuse, et elle accepte que cette vie religieuse ait une dimension sociale.
Il n’appartient pas à notre société de définir ce qu’est la prière chrétienne, ni ce que veut dire être chrétien. La liberté de culte ne peut être remise en cause que provisoirement, et parce qu’il n’y a pas d’autre possibilité. Aussi, au moment où notre société retrouvera le chemin des magasins, des bureaux, de l’école et des galeries d’art, il est légitime que les catholiques retrouvent celui des célébrations dominicales.

Père Henri de l’Eprevier

Résurrection

Résurrection – 12 avril 2020 – Pâques

Les évangiles ne racontent pas le moment de la résurrection de Jésus. Un film a tenté de le reconstituer, mais cela est vain car il n’y a eu aucun témoin. Le seul témoin, c’est le rocher du tombeau (il en reste encore la base au Saint-Sépulcre) !

Plus profondément, le moment même de la résurrection est un acte de Dieu, irreprésentable car il transcende notre expérience. Dieu, dans la puissance de l’Esprit Saint, a ressuscité Jésus.

Mais c’est aussi un événement dans notre histoire. On peut le dater, on en connaît le lieu. Et surtout, Jésus est apparu, vivant, à de nombreux témoins (plus de 500 nous apprend St Paul). Un détail des Evangiles mérite d’être souligné, celui du regard des saintes femmes. Elles étaient présentes au moment de la crucifixion et « regardaient » : elles savent que Jésus est mort. Elles ont « regardé » l’ensevelissement : elles savent qu’il a été mis au tombeau, protégé par des scellés et des gardes. Et elles étaient présentes au matin de Pâques : elles ont « regardé », et vu, que le tombeau était vide. C’est finalement Jésus qu’elles ont pu voir. Celui qui était mort, vraiment mort, est aujourd’hui vivant, vraiment vivant.

La résurrection de Jésus n’est pas une création de l’imagination des apôtres. Ce n’est pas un mythe. Ce n’est pas non plus une manière de dire « Il est toujours vivant dans nos cœur, son message ne mourra jamais ». Non, il est vivant réellement, il a montré ses plaies, il a mangé et bu avec les disciples. Il a été réellement confiné dans un tombeau, et il en est sorti : plus jamais son tombeau ne se refermera. Et il nous entraîne plus haut, plus loin, jusque dans la joie du ciel. Une joie qui nous est offerte, par la foi, dès aujourd’hui !

Par le baptême, dira St Paul, nous avons été ensevelis avec lui, et nous sommes ressuscités avec Lui. Notre confinement peut avoir quelque analogie, toute proportion gardée, avec le tombeau de Jésus. « C’est là, dira Pascal, et non sur la croix, que Jésus va prendre une nouvelle vie ». Ne gâchons pas ce temps de confinement : nous y sommes contraints, certes, mais beaucoup de choses peuvent se préparer dès maintenant. C’est aujourd’hui, en nous ouvrant à la présence du Christ vivant, qu’un vrai renouveau peut s’enraciner, dans notre vie, et par là, dans notre monde.

Que Jésus vainqueur de la mort nous fasse rayonner de sa joie, qu’Il fasse de nous ses témoins. Le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité, Alléluia !

Père Henri de l’Eprevier.