Messe du jour

Textes de l’Association Episcopale Liturgique pour les pays Francophones – AELF

Jour liturgique © AELF

2020-01-24
romain
blanc
Paire
ordinaire
2ème Semaine du Temps Ordinaire
vendredi
de la férie
S. François de Sales, évêque et docteur de l'Eglise

Textes de la Messe © AELF

Lecture du premier livre de Samuel

En ces jours-là,
    Saül prit trois mille hommes, choisis dans tout Israël,
et partit à la recherche de David et de ses gens
en face du Rocher des Bouquetins.
    Il arriva aux parcs à moutons qui sont en bordure de la route ;
il y a là une grotte, où Saül entra pour se soulager.
Or, David et ses hommes se trouvaient au fond de la grotte.
            Les hommes de David lui dirent :
« Voici le jour dont le Seigneur t’a dit :
“Je livrerai ton ennemi entre tes mains,
tu en feras ce que tu voudras.” »
David vint couper furtivement le pan du manteau de Saül.
    Alors le cœur lui battit
d’avoir coupé le pan du manteau de Saül.
    Il dit à ses hommes :
« Que le Seigneur me préserve
de faire une chose pareille à mon maître,
qui a reçu l’onction du Seigneur :
porter la main sur lui,
qui est le messie du Seigneur. »
    Par ses paroles, David retint ses hommes.
Il leur interdit de se jeter sur Saül.

Alors Saül quitta la grotte et continua sa route.
    David se leva, sortit de la grotte, et lui cria :
« Mon seigneur le roi ! »
Saül regarda derrière lui.
David s’inclina jusqu’à terre et se prosterna,
    puis il lui cria :
« Pourquoi écoutes-tu les gens qui te disent :
“David te veut du mal” ?
    Aujourd’hui même, tes yeux ont vu
comment le Seigneur t’avait livré entre mes mains dans la grotte ;
pourtant, j’ai refusé de te tuer,
je t’ai épargné et j’ai dit :
“Je ne porterai pas la main sur mon seigneur le roi
qui a reçu l’onction du Seigneur.”
    Regarde, père, regarde donc :
voici dans ma main le pan de ton manteau.
Puisque j’ai pu le couper,
et que pourtant je ne t’ai pas tué,
reconnais qu’il n’y a en moi ni méchanceté ni révolte.
Je n’ai pas commis de faute contre toi,
alors que toi, tu traques ma vie pour me l’enlever.
    C’est le Seigneur qui sera juge entre toi et moi,
c’est le Seigneur qui me vengera de toi,
mais ma main ne te touchera pas !
    Comme dit le vieux proverbe :
“Des méchants sort la méchanceté.”
C’est pourquoi ma main ne te touchera pas.
    Après qui donc le roi d’Israël s’est-il mis en campagne ?
Après qui cours-tu donc ?
Après un chien crevé, après une puce ?
    Que le Seigneur soit notre arbitre,
qu’il juge entre toi et moi,
qu’il examine et défende ma cause,
et qu’il me rende justice, en me délivrant de ta main ! »

    Lorsque David eut fini de parler, Saül s’écria :
« Est-ce bien ta voix que j’entends, mon fils David ? »
Et Saül se mit à crier et à pleurer.
            Puis il dit à David :
« Toi, tu es juste, et plus que moi :
car toi, tu m’as fait du bien,
et moi, je t’ai fait du mal.
    Aujourd’hui tu as montré toute ta bonté envers moi :
le Seigneur m’avait livré entre tes mains,
et tu ne m’as pas tué !
    Quand un homme surprend son ennemi,
va-t-il le laisser partir tranquillement ?
Que le Seigneur te récompense
pour le bien que tu m’as fait aujourd’hui.
    Je sais maintenant que tu régneras certainement,
et que la royauté d’Israël tiendra bon en ta main. »

            – Parole du Seigneur.

Refrain psalmique : (Ps 56, 2a)

Pitié pour moi, mon Dieu,
pitié pour moi !

Pitié, mon Dieu, pitié pour moi !
En toi je cherche refuge,
un refuge à l’ombre de tes ailes,
aussi longtemps que dure le malheur.

Je crie vers Dieu, le Très-Haut,
vers Dieu qui fera tout pour moi.
Du ciel, qu’il m’envoie le salut,
qu’il envoie son amour et sa vérité !

Dieu, lève-toi sur les cieux :
que ta gloire domine la terre !
Ton amour est plus grand que les cieux,
ta vérité, plus haute que les nues.

 

Acclamation : (cf. 2 Co 5, 19)

Alléluia. Alléluia.
Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui :
il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation.
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jésus gravit la montagne,
et il appela ceux qu’il voulait.
Ils vinrent auprès de lui,
    et il en institua douze
pour qu’ils soient avec lui
et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle
    avec le pouvoir d’expulser les démons.
    Donc, il établit les Douze :
Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –,
     Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques
– il leur donna le nom de « Boanerguès »,
c’est-à-dire : « Fils du tonnerre » –,
    André, Philippe, Barthélemy, Matthieu,
Thomas, Jacques, fils d’Alphée,
Thaddée, Simon le Zélote,
    et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Office des lectures du jour © AELF

V/ Dieu, viens à mon aide,
R/ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)

Retournez-vous, voici l'Esprit
Du Seigneur, au vent de la nuit,
Qui passe au monde ;
Accueillez-le, ne craignez rien ;
À la croisée de vos chemins,
Laissez-vous couvrir de son ombre.

N'alliez-vous pas vous desséchant
Dans vos lois de chair et de sang,
À perte d'être ?
Hébergez-le, vous renaîtrez,
Car Dieu travaille au plus secret :
Sa lumière luit aux ténèbres.

Ouvrez la fente de vos cœurs,
Et voyez celle du Seigneur,
L'arbre de vie ;
Rapprochez-les, restez greffés,
Buvez la sève désormais
Dont la plaie du Christ est remplie.

Et son Esprit brise les joints
Avec l'arbre mort du jardin
De sève humaine ;
Ne manquez pas ici le bond
Des derniers temps de création
Où l'amour de Dieu nous entraîne.

Ne rompez pas vos nouveaux liens :
Vous croîtrez avec l'Esprit Saint
Jusqu'à cette heure
Du Fils de l'homme éblouissant
Par tous les hommes de son sang
Qui l'auront choisi pour demeure.

Seigneur, reprends-moi sans colère !

2 Seigneur, corrige-moi sans colère
et reprends-moi sans violence.

3 Tes flèches m'ont frappé,
ta main s'est abattue sur moi.
4 Rien n'est sain dans ma chair sous ta fureur,
rien d'intact en mes os depuis ma faute.

5 Oui, mes péchés me submergent,
leur poids trop pesant m'écrase.
6 Mes plaies sont puanteur et pourriture :
c'est là le prix de ma folie.

7 Accablé, prostré, à bout de forces,
tout le jour j'avance dans le noir.
8 La fièvre m'envahit jusqu'aux moelles,
plus rien n'est sain dans ma chair.

Seigneur, tout mon désir est devant toi.

9 Brisé, écrasé, à bout de forces,
mon cœur gronde et rugit.
10 Seigneur, tout mon désir est devant toi,
et rien de ma plainte ne t'échappe.

11 Le cœur me bat, ma force m'abandonne,
et même la lumière de mes yeux.
12 Amis et compagnons se tiennent à distance,
et mes proches, à l'écart de mon mal.

13 Ceux qui veulent ma perte me talonnent,
ces gens qui cherchent mon malheur ;
ils prononcent des paroles maléfiques,
tout le jour ils ruminent leur traîtrise.

Oui, j'avoue mon péché ; ne m'abandonne pas, mon Sauveur !

14 Moi, comme un sourd, je n'entends rien,
comme un muet, je n'ouvre pas la bouche,
15 pareil à celui qui n'entend pas,
qui n'a pas de réplique à la bouche.

16 C'est toi que j'espère, Seigneur :
Seigneur mon Dieu, toi, tu répondras.
17 J'ai dit : « Qu'ils ne triomphent pas,
ceux qui rient de moi quand je trébuche ! »

18 Et maintenant, je suis près de tomber,
ma douleur est toujours devant moi.
19 Oui, j'avoue mon péché,
je m'effraie de ma faute.

20 Mes ennemis sont forts et vigoureux,
ils sont nombreux à m'en vouloir injustement.
21 Ils me rendent le mal pour le bien ;
quand je cherche le bien, ils m'accusent.

22 Ne m'abandonne jamais, Seigneur,
mon Dieu, ne sois pas loin de moi.
23 Viens vite à mon aide,
Seigneur, mon salut !

V/ Tu es mon rempart et mon refuge :
j'espère en ta parole.

10.12 Maintenant, sais-tu, Israël, ce que le Seigneur ton Dieu te demande ? Craindre le Seigneur ton Dieu, suivre tous ses chemins, aimer le Seigneur ton Dieu, le servir de tout ton cœur et de toute ton âme,
10.13 garder les commandements et les décrets du Seigneur que je te donne aujourd’hui pour ton bien.
10.14 C’est au Seigneur ton Dieu qu’appartiennent les cieux et les hauteurs des cieux, la terre et tout ce qu’elle renferme.
10.15 Et pourtant, c’est uniquement à tes pères que le Seigneur ton Dieu s’est attaché par amour. Après eux, entre tous les peuples, c’est leur descendance qu’il a choisie, ce qu’il fait encore aujourd’hui avec vous.
10.16 Pratiquez la circoncision du cœur, n’ayez plus la nuque raide,
10.17 car le Seigneur votre Dieu est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, vaillant et redoutable, qui est impartial et ne se laisse pas acheter.
10.18 C’est lui qui rend justice à l’orphelin et à la veuve, qui aime l’immigré, et qui lui donne nourriture et vêtement.
10.19 Aimez donc l’immigré, car au pays d’Égypte vous étiez des immigrés.
10.20 Tu craindras le Seigneur ton Dieu, tu le serviras, c’est à lui que tu resteras attaché, c’est par son nom que tu prêteras serment.
10.21 Il est ton Dieu, c’est lui que tu dois louer : il a fait pour toi ces choses grandes et redoutables que tu as vues de tes yeux.
10.22 Quand tes pères sont arrivés en Égypte, ils n’étaient que soixante-dix ; mais à présent le Seigneur votre Dieu vous a rendus aussi nombreux que les étoiles du ciel.
11.01 Tu aimeras donc le Seigneur ton Dieu et tu garderas ses observances, ses décrets, ses ordonnances et ses commandements, chaque jour.
11.02 Aujourd’hui, contrairement à vos fils à qui il n’a pas été donné de connaître et de voir, vous, vous connaissez les leçons du Seigneur votre Dieu, sa grandeur, sa main forte et son bras étendu ;
11.03 les signes et les œuvres qu’il a accomplis en Égypte, contre Pharaon, roi d’Égypte, et tout son pays :
11.04 ce qu’il a fait à l’armée égyptienne, à ses chevaux et à ses chars, en faisant déferler sur eux les eaux de la mer des Roseaux tandis qu’ils vous poursuivaient – le Seigneur les a supprimés ; vous le constatez encore aujourd’hui – ;
11.05 vous connaissez ce qu’il a fait pour vous dans le désert jusqu’à ce que vous arriviez en ce lieu ;
11.06 ce qu’il a fait à Datane et à Abiram, les fils d’Éliab, fils de Roubène, quand la terre ouvrit sa bouche et les engloutit au milieu de tout Israël, avec leurs familles, leurs tentes et tous les gens qui les suivaient.
11.07 Ce sont bien vos propres yeux qui ont vu toute la grande œuvre accomplie par le Seigneur !
11.08 Vous garderez donc tous les commandements que je te prescris aujourd’hui, afin d’être forts, de prendre possession du pays où vous allez entrer
11.09 et de prolonger vos jours sur la terre que le Seigneur a juré à vos pères de leur donner, à eux et à leur descendance, un pays ruisselant de lait et de miel.
11.26 Vois ! Aujourd’hui je vous propose la bénédiction ou la malédiction :
11.27 la bénédiction si vous écoutez les commandements du Seigneur votre Dieu, que je vous donne aujourd’hui ;
11.28 la malédiction si vous n’écoutez pas les commandements du Seigneur votre Dieu, si vous vous écartez du chemin que je vous prescris aujourd’hui, pour suivre d’autres dieux que vous ne connaissez pas.

R/ Quant à nous, aimons le Seigneur notre Dieu
puisque lui nous a aimés le premier.

Celui qui garde la parole du Seigneur,
en lui l'amour de Dieu atteint sa perfection.

Ses commandements ne sont pas pesants :
celui qui naît de Dieu est vainqueur du monde.

 

Dieu commanda en la création aux plantes de porter leurs fruits, chacune selon son genre : ainsi commande-t-il aux chrétiens, qui sont les plantes vivantes de son Église, qu'ils produisent des fruits de dévotion, un chacun selon sa qualité et vocation. La dévotion doit être différemment exercée par le gentilhomme, par l'artisan, par le valet, par le prince, par la veuve, par la fille, par la mariée ; et non seulement cela, mais il faut accommoder la pratique de la dévotion aux forces, aux affaires et aux devoirs de chaque particulier. Je vous prie, Philothée, serait-il à propos que l'Évêque voulût être solitaire comme les Chartreux ? Et si les mariés ne voulaient rien amasser non plus que les Capucins, si l'artisan était tout le jour à l'église comme le religieux, et le religieux toujours exposé à toutes sortes de rencontres pour le service du prochain comme l'Évêque, cette dévotion ne serait-elle pas ridicule, déréglée et insupportable ? Cette faute néanmoins arrive bien souvent.

Non, Philothée, la dévotion ne gâte rien quand elle est vraie, ainsi elle perfectionne tout, et lorsqu'elle se rend contraire à la légitime vocation de quelqu'un, elle est sans doute fausse. « L'abeille, dit Aristote, tire son miel des fleurs sans les intéresser », les laissant entières et fraîches comme elle les a trouvées ; mais la vraie dévotion fait encore mieux, car non seulement elle ne gâte nulle sorte de vocation ni d'affaires, mais au contraire elle les orne et embellit. Toutes sortes de pierreries jetées dedans le miel en deviennent plus éclatantes, chacune selon sa couleur et chacun devient plus agréable en sa vocation la conjoignant à la dévotion : le soin de la famille en est rendu paisible, l'amour du mari et de la femme plus sincère, le service du prince plus fidèle, et toutes sortes d'occupations plus suaves et amiables.

C'est une erreur mais une hérésie, de vouloir bannir la vie dévote de la compagnie des soldats, de la boutique des artisans, de la cour des princes, du ménage des gens mariés. Il est vrai, Philothée, que la dévotion purement contemplative, monastique et religieuse ne peut être exercée en ces vocations-là mais aussi, outre ces trois sortes de dévotion, il y en a plusieurs autres, propres à perfectionner ceux qui vivent ès états séculiers. Où que nous soyons, nous pouvons et devons aspirer à la vie parfaite.


R/ Le fruit de l'Esprit est amour, joie et paix.

Si nous vivons par l'Esprit,
marchons aussi dans l'Esprit.

Si vous êtes conduits par l'Esprit,
vous n'êtes plus soumis à la loi.

Pour le salut des âmes, Seigneur, tu as voulu que l'évêque saint François de Sales devienne le serviteur de tous en toutes choses ; fais que, soutenus par son exemple, nous donnions une preuve de ta douce charité en nous dévouant pour nos frères.